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Saint-Jérôme à ses origines
1832 à 1882

Il existe très peu de documents visuels illustrant l’aspect de Saint-Jérôme à ses origines. Nous vous présentons donc, vu par les yeux de deux écrivains de l’époque, Joseph-Jérôme Grignon et Arthur Buies, ce petit village entouré de forêts qui deviendra le centre duquel rayonnera le développement des municipalités formant actuellement la MRC de la Rivière-du-Nord.

Joseph-Jérôme Grignon (1864-1930)

Né à Saint-Jérôme, fils des aubergistes de l’Hôtel du peuple situé à l’endroit où se dresse maintenant le "Vieux-Palais" et père de la romancière Germaine Guèvremont. Il fit des études de droit et occupa le poste de protonotaire au chef-lieu du district judiciaire de Terrebonne à Sainte-Scholastique à l’âge de 31 ans. Il demeura en contact constant avec sa ville natale et collabora en tant que journaliste avec le "Nord" et "L’Avenir du Nord" sous le pseudonyme de "Nature". Écrire était pour lui une préoccupation constante et les chroniques de "Nature" où il évoquait d’une façon si savoureuse les faits et souvenirs de son enfance à Saint-Jérôme ont été réunies dans une brochure intitulée "Le vieux temps" paru en 1921. Ecrivain fécond, chroniqueur original, J.-J. Grignon, "Nature", nous offre par les yeux de son enfance une vision "pétillante" du village de Saint-Jérôme avant et jusqu’en 1880 environ.


Dans le parc central actuel se dressait le vieux clocher dont Saint-Jérôme conserve pieusement les deux voix antiques, surmontant une église en pierre, de modestes proportions, construite, je crois, en 1839.

Cet édifice possédait une simplicité de lignes pour ainsi dire enfantine mais il n’en faisait pas moins notre orgueil avec son humble voisin de gauche, le presbytère qu’ombrageait un bosquet touffu, quand il rappelait le souvenir d’un saint prêtre comme le curé Thibault, ou qu’on voyait officier à la messe l’apôtre de la colonisation, le curé Labelle.

Le vieux temple s’animait joyeusement aux grandes solennités religieuses. Il retentissait alors de la musique de Lambillote, si décriée de nos jours. Il fallait entendre quelque chose comme le Magnificat de Pâques en ce temps où florissaient les choeurs mixtes, les femmes au soprano et les enfants à l’alto, et où la virtuosité résidait en partie dans la puissance de la voix. Mais les derniers échos de l’amen n’étaient pas encore expirés que trois formidables coups de tambour annonçaient un air triomphal de la vieille fanfare: et tout ce déploiement ne faisait que traduire l’élan de foi unanime.

Une construction assez vaste et de style aussi peu prétentieux flanquait la droite de l’église: le couvent des soeurs de Sainte-Anne, qui recevait dès lors des élèves de fort loin dans la province. Ce renom ne devrait pas aujourd’hui paraître usurpé, dans plus d’un endroit de la province, si je rappelle qu’on ne trouvait rien de remarquable à ce que les élèves de ce couvent fussent capables d’écrire toute une page sans faute d’orthographe. Sur le terrain actuel du bureau de poste, en face et à un arpent environ de l’église, se voyait une construction rudimentaire en planches qui excita longtemps l’intérêt des Jérômiens: le Husting, seul nom alors populaire de la tribune électorale. Le husting connut des heures glorieuses avec les deux Morin, Siméon, l’idole des foules, et Norbert le grand citoyen, et quand il servit à l’éloquence des Masson, des Chapleau, des Taillon, des Laflamme et des trois Prévost. ...Peut-on ne pas rappeler, pour mention seulement, les joûtes oratoires qui suivirent, celles d’Eudore Poirier, le magnifique tribun, aux prises avec Chapleau puis avec Alphonse Nantel dont les débuts furent modestes mais qui ne tarda pas à devenir une puissance parlementaire et de journalisme.

Tout près et presqu’en ligne avec l’estrade s’élevait la cabane du père Saint-Michel, véritable monument historique dans les mémoires de cette génération, avec son débit de bière d’épinette, de biscuits à la mélasse et d’alléchantes pralines de tire, et où les yeux s’écarquillaient intrigués devant l’écriteau enguirlandé de sapinages fleurant frais: "Aujourd’hui pour de l’argent, demain pour rien". Mais la cabane avait aussi d’autres attraits. Ce brave et volubile petit vieux qu’était le vendeur, émigré de France possédait une instruction remarquable. Il avait fait de son établissement, à part l’attrait des friandises, un guignol de l’enfance et même un théâtre de cinéma, si l’on peut appeler ainsi le spectacle en commun, six par six, dans les oculaires d’un grand stéréoscope où défilaient les panoramas et tableaux historiques animés du déploiement d’érudition du metteur en scène.

Nombreux, en outre, étaient les gens qui venaient là se faire lire la gazette sans bourse délier. Non moins intéressante la clientèle des amoureux illettrés, garçons et filles, qui venaient demander à la superbe calligraphie du père Saint-Michel, la précieuse missive d’amour qu’on rapportait le coeur battant.

Le bureau de poste se tint longtemps en l’étude du notaire Villemure, dont la maison existe encore à l’angle des rues Saint-Georges et Sainte-Julie (devenue rue Parent en 1920), pour déménager plus tard à une extrémité du bureau d’enregistrement.

L’enseignement masculin, il y a cinquante ans et plus (1870), se donnait dans la grande école en bois dont la charpente a été conservée, je crois, dans la résidence qui domine l’éminence qu’on voit à l’extrémité de la rue Sainte-Julie (rue Parent), près de la gare de chemin de fer du C.P.R. On a fait disparaître, il y a quelque vingt-cinq années (1895), du pied de la colline, une roche énorme, moraine de l’âge glaciaire, que l’enfance de mon époque ne peut oublier tant elle occupait de place dans nos ébats d’écoliers en récréation. Pour donner une idée de l’intérêt qui s’attachait à cette roche, elle faisait discuter la question de savoir si les pierres sont susceptibles de croissance et certains prétendaient qu’elle grossissait avec le cours des années.

Cette école obtint une vogue méritée sous la maîtrise d’un instituteur de grande réputation: le père Green, qu’on aime à revoir, à cinquante ans de distance, dans ses blancs favoris. Un seul mot fera son éloge. Plusieurs hommes d’affaires, entre autres un négociant du nord qui a fait honneur tant au commerce qu’à l’administration municipale du comté dont il fut plusieurs fois préfet, n’ont pas reçu d’autre instruction que la sienne.

Quelques Jérômiens fréquentaient le collège classique, principalement le petit Séminaire de Sainte-Thérèse. Mon aîné était de ce nombre. Il ne faut pas croire que mon auteur s’était, un matin, éveillé dans son lit d’aubergiste avec l’idée ambitieuse en tête de fonder une famille de médecins et d’avocats. C’est la main du prêtre qui faisait éclore les vocations: c’est de la sélection de cette main que naquirent nos plus glorieuses carrières publiques. C’est aux instances du curé Thibault que mon père céda en faisant du futur médecin un séminariste, destiné au sacerdoce, et qui pourvut lui-même, plus tard, à l’instruction de ses frères.

Quel événement pour nous que la promenade de visite au collège de Saint-Thérèse en procession de carrioles! La splendide architecture à nos yeux que ce gigantesque rectangle de pierre grise surmonté d’un dôme tout étincelant des feux du soleil. Et les séances dramatiques où nos grands frères figuraient en comparses et en personnages muets. On se représente l’animation du parloir au congé du Jour de l’An alors que ne venait à personne le rêve de vacances des fêtes. A travers les effusions, il se produisait des incidents drôlatiques. Voici un souvenir de mon père dont nous fûmes longtemps égayés.

Mon père était très joyeux et il savait montrer avec la clientèle habituelle tout l’entregent de l’aubergiste populaire. Mais il suffisait de la présence d’un personnage étranger et encore plus d’une dame inconnue pour l’intimider à lui faire perdre contenance malgré son air de politesse toujours souriante. Un jour, au parloir du séminaire, il lui sembla reconnaître, en une jolie toilette, une demoiselle Sauvé, de Saint-Hermas. Le voilà pris de la démangeaison de renouer connaissance, mais il avait à combattre sa terrible gêne native. Il réagissait en se raisonnant: Voyons, ce n’est pas si malin. Je salue tout simplement en disant: "pardon, mais je ne pense pas de me tromper, vous êtes une demoiselle Sauvé". Il se décide. Se croyant sûr de lui-même, il s’avance obséquieux, en disant, croyant répéter mot à mot: "Pardon, mais je ne pense pas de me sauver, vous êtes une demoiselle Trompée".

Joseph-Jérôme Grignon


Arthur Buies(1840-1901).

Originaire de Montréal et de retour dans sa ville natale en 1862 après des études à Paris, il entreprit une carrière d’avocat et de journaliste. Il acquis une réputation de libre-penseur par la défense des thèses anticléricales de l’Institut Canadien dont il était membre. Sa rencontre avec le curé Labelle en 1880 fut à l’origine d’une profonde amitié. Engagé pour faire une étude de la région du nord de Saint-Jérôme et de la région de la vallée de l’Outaouais dans le but de produire brochures et écrits en faveur de la colonisation de ces territoires, Arthur Buies fut compagnon du curé Labelle dans plusieurs explorations et tournées d’inspection. Totalement gagné aux idées d’Antoine Labelle il se fit l’apologiste de la colonisation de nouvelles terres agricoles par de nouveaux écrits même s’il ne s’agissait pas de services commandés. Il fut souvent l’hôte du curé Labelle à son presbytère et sans avoir vécu à Saint-Jérôme en permanence, il y était attaché de tout son coeur. Écrivain à la plume vive, aux images évocatrices et empreintes de poésie, il nous livre une image saisissante de Saint-Jérôme, de ses début jusqu’ à sa récente promotion au statut de ville, dans la chronique suivante écrite pour le journal le "Nord", le 24 août 1882.

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Il y a cinquante ans, Saint-Jérôme n’avait pas encore de nom, c’est Mgr l’archevêque Plessis qui lui donna en 1832 son existence canonique, laquelle fut bientôt suivie de l’érection civile.

Cette paroisse nouvelle, qui allait prendre rang sur le calendrier, se composait alors uniquement d’une rangée de maisons et de chaumières construites à des intervalles plus ou moins éloignés, le long de la rivière "Nord", avec un seul rang de terre en culture, et s’étendant sur une longueur d’environ sept milles. Ce qu’on appelait alors le village c’est à dire un groupe de sept habitations, n’était pas situé où l’est aujourd’hui la ville, mais à un mille et demie de là, au point d’intersection de trois chemins, dans un endroit qui a retenu le nom de la Chapelle, parce qu’on y célébrait les offices religieux dans une petite chapelle longue de trente pieds, élevée sur le bord de la rivière.

Jusqu’alors Saint-Jérôme n’avait été qu’une mission où monsieur Poirier, curé de Sainte-Anne des Plaines, paroisse voisine, venait dire la messe tous les quinze jours. Plus tard un prêtre de descendance irlandaise, mais d’éducation toute française, monsieur Blyth, vint se fixer à La Chapelle, où il demeurait dans une petite maison avec ses père et mère, et d’où il allait desservir deux fois par mois la mission voisine de Saint-Colomban. Cela dura ainsi quelques années, mais le jour vint où Saint-Jérôme s`étant tranquillement développé par l’action du temps, et des colonies nouvelles s’étant formées en plusieurs endroits des environs, on reconnu qu’il valait mieux construire l’église sur le terrain qu’elle occupe aujourd’hui, situation plus centrale qui permettait de réunir en un seul faisceau les intérêts civils, religieux, commerciaux et industriels, choix qui indiquait en outre que quelques esprits avaient déjà le vague pressentiment de l’avenir réservé à Saint-Jérôme, et de la prépondérance que sa situation géographique lui donnerait immanquablement dans la vaste région qu’il alimente.

Comme on craignait qu’il ne s’élevât des discordes dans la paroisse à l’occasion de ce changement, un curé étranger, monsieur l’abbé Paquin, fut chargé de fixer l’emplacement de la nouvelle église dont le terrain fut généreusement offert par monsieur Dumont, en ces temps-là seigneur de la paroisse.(Depuis que Saint-Jérôme est devenu ville-1881- les citoyens voulant commémorer le souvenir du cadeau fait par monsieur Dumont, ont donné à leur principale rue, sur laquelle se trouve l’église et qui n’est autre que la grande avenue bordée d’arbres dont nous parlons plus haut, le nom, de l’ancien seigneur de leur paroisse.-renommée rue Labelle en 1891 après la mort du curé Labelle) Ce n’est toutefois qu’en 1837 que monsieur l’abbé Blyth s’y rendit en qualité de premier curé résident, et que l’église et le presbytère furent achevés sous sa direction. Alors seulement commença l’existence régulière de Saint-Jérôme.

Trois ans après, monsieur Blyth quittait Saint-Jérôme. C’était alors un tout jeune prêtre, qui comptait à peine six lustres (30 ans), ... tous ses paroissiens réunis ne formaient encore qu’une famille.

Quarante ans cependant devaient s’écouler avant que le curé Blyth put revoir sa paroisse chérie. Cette fois il y vint en chemin de fer. Partout sur la route, il jetait des regards étonnés; il ne reconnaissait plus rien; et quand, enfin, le train s’arrêta et que le conducteur cria Saint-Jérôme le pauvre vieillard fondit en larmes. Quelques instants il resta immobile, cloué par l’émotion sur son siège; puis se relevant, tout tremblant encore, il sortit et s’achemina vers le presbytère. On dut lui en indiquer le chemin, à lui qui avait vu s’élever ce presbytère, pierre par pierre, sous ses yeux. Il passait maintenant dans les rues, devant de belles maisons ombragées de grands arbres, là où il y avait jadis à peine quelques champs qui portaient les premières moissons de Saint-Jérôme.

Enfin il arrivait dans ce presbytère où allait le recevoir le curé Labelle, dans ce presbytère célèbre à tant de titres, vraie maison du bon Dieu où, tous les jours, un ou plusieurs prêtres, de vingt cures ou missions à la ronde, viennent, qui prendre un repas, qui passer une nuit en attendant le départ du train, et où l’auteur de ces lignes jouit en ce moment de la plus large hospitalité.

Le lendemain l’abbé Blyth alla visiter les lieux où il avait fait sa première mission avant d’être curé titulaire (En 1998, ces lieux sont situés sur le territoire de la ville de Saint-Antoine). L’antique chapelle était démolie; mais il retrouva le même petit groupe de maisons modestement augmenté de trois ou quatre habitations nouvelles. Certes, le curé Blyth pouvait bien regretter son Saint-Jérôme d’autrefois, car, rien n’est plus pittoresque, rien ne charme plus le regard que le dernier demi-mille de chemin que l’on fait avant d’arriver au village de La Chapelle. ...

Ici la rivière "Nord" n’a plus de cascades; elle coule doucement, presque imperceptiblement, entre des bords élargis, couverts de gazon et de feuillages, des eaux pures et bleues comme l’azur d’un beau ciel. On est loin de tout bruit, de toute agitation humaine, et la nature...déploie ici sans réserve toute la grâce, toute la beauté des formes qu’elle reçut d’une main divine. ...

En quittant sa première cure dans le cours de l’année 1840, monsieur Blyth la remit aux mains de l’abbé Poirier qui devint ainsi son successeur. En ce temps-là la paroisse de Saint-Jérôme n’avait pour ainsi dire pas de limites. Elle s’étendait indéfiniment vers le nord, englobant tout l’espace où sont comprises aujourd'hui les paroisses de Saint-Sauveur, Sainte-Adèle, Saint-Hippolyte, Sainte-Sophie, Sainte-Lucie, etc., et tous les cantons que nous avons passés en revue dans les chapitres précédents. A cinq ou six milles de l’église commençait la forêt, une forêt épaisse infinie, regardée comme inaccessible. On croyait avoir atteint la limite des terres cultivables, et le "Nord" signifiait qu’il n’y avait plus au-delà de Saint-Jérôme, qu’un printemps fugitif, un été illusoire.

Quels changements merveilleux accomplis en quelques années seulement, et comment pouvons nous en croire nos yeux quand nous lisons, dans les rapports officiels et dans quelques journaux, les détails des plans élaborés pour construire un chemin de fer du Manitoba à la Baie d’Hudson d’une part, et de Saint-Jérôme au lac Témiscamingue de l’autre, à travers de longs espaces inhabités, jusqu’aux limites extrêmes de notre province. ( Ce projet pour lequel le curé Labelle a tant travaillé ne s’est jamais réalisé). ...

La paroisse de Saint-Jérôme, telle qu’elle est constituée aujourd’hui, forme partie des comtés d’Argenteuil, des Deux-Montagnes et de Terrebonne. Elle est située à trente milles de Montréal, moitié dans la plaine, moitié sur le versant oriental des Laurentides, et sa population dépasse cinq mille âmes. Son sol très mélangé, très varié, est propre à des cultures diverses, telles que celle des grains, celle des légumes et celle des arbres fruitiers. Une partie de ce sol, environ le tiers, tout en étant rocailleux, n’en est pas moins favorable aux pâturages, pendant que d’autre part le foin pousse en abondance dans de vastes champs qui s’étendent de chaque côté de la rivière du Nord. On remarque aussi des espaces considérables où dominent l’argile et la terre grise, de même qu’un banc de calcaire cristallin qui se prolonge jusqu’à un demi-mille au-delà du village; mais par dessus tout on admire une mine de fer oxydé d’une richesse unique, et dont l’exploitation a été retardée jusqu’à présent par certains malentendus qui existent entre le vendeur et l’acquéreur, celui-ci un grand capitaliste américain. ...

Le village de Saint-Jérôme a été constitué en ville le 1er janvier 1881, il y a à peine deux ans, et depuis lors il a pris un essor dont il n’y a pas d’exemple, croyons-nous, dans notre pays. En une année seulement de 1881 à 1882, la population de la petite ville a augmenté de sept cents âmes, ... et aujourd’hui même, dans les seules limites de la cité, dont la superficie dépasse un peu quatre milles, on compte déjà une population de trois mille deux cents âmes

Des industries diverses se sont produites comme par enchantement; des manufactures nouvelles, à peine installées, encore inachevées, incomplètes sous bon nombre de rapports, ne suffisent déjà plus aux commandes qui leur sont faites, et de cela veut-on savoir la raison, la principale, celle qui prime toutes les autres? C’est que nous manquons d’hommes et de femmes pour les travaux des fabriques. Nous avons toujours été un peuple agricole; c’est d’hier seulement que l’essor industriel a été imprimé à notre province; tous les artisans canadiens sont aux États-Unis; mais grâce au ciel! ils vont tous revenir maintenant que nous pouvons leur donner du travail dans leur propre pays, vers lequel ils ont les yeux toujours tournés. ... Déjà l’on a pu compter un assez bon nombre de Canadiens revenus des États-Unis et travaillant dans nos fabriques. Pour notre part nous en connaissons plusieurs dans Saint-Jérôme, et un entre autres, une personnalité remarquable, un homme que monsieur Rolland a su attirer de la Nouvelle-Angleterre pour lui donner la conduite de l’immense fabrique de papier qu’il construit actuellement à Saint-Jérôme, et qui sera nous assure-t-on, la plus grande peut-être de tout le continent américain, lorsqu’elle sera complétée.

Arthur Buies


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