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Les journaux: il y a cent ans
DÉCEMBRE 1897---------------------------------FÉVRIER 1898

Il y a cent ans, Saint-Jérôme publiait deux hebdomadaires: LE NORD et L'AVENIR DU NORD. Ces journaux se présentaient sous la forme de quatre longues pages rayées de colonnes étroites où les journalistes commentaient les nouvelles locales, les grands événements du pays et même de l'étranger, sans oublier la publicité qui souvent succédait sans transition à un autre article.

Le premier journal local LE NORD fut fondé par le notaire Joseph-Amable Hervieux en 1878. Il vend son journal en 1881 à messieurs Alphonse Nantel et Édouard Marchand. Publié jusqu'en 1901, LE NORD sera l'organe de la colonisation et défendra l'idéologie conservatrice.

A partir de 1897, il aura un rival à tendance libérale: L'AVENIR DU NORD. Fondé par Wilfrid Gascon et racheté bientôt par Jules-Édouard Prévost, L'AVENIR DU NORD mènera une très longue carrière.

Nous vous offrons, présentés dans leur forme ancienne, quelques extraits de la vie jérômienne, en direct d'il y a 100 ans, de décembre 1897 à février 1898.


Faits divers
et
Notes locales

Décembre 1897


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Cadeaux pour Noël et le jour de l'An. Assortiment considérable à la Librairie Saint-Jérôme. Tout le monde est invité à faire une visite à ce populaire magasin avant d'acheter .

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Monsieur le notaire Parent pourra encore d'ici à quelques jours seulement placer des Reçus de Dépôts à la Banque du Peuple. Ceux qui désireraient les vendre feraient bien de s'adresser à lui sans délai.

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Les grosses pièces de la voûte de notre église sont solidement fixées. Les travailleurs se mettent activement à l'oeuvre pour monter la façade. Dans quelques jours les tours commenceront à s'élever dans les airs.


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Un magnifique patinoir(sic) a été fait dans la cour du collège. Les élèves y prennent joyeusement leurs ébats.


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Notre compagnie d'électricité a reçu un nouveau dynamo qui nous l'espérons remédiera au mauvais fonctionnement de la lumière qui nous afflige depuis si longtemps.

Le transport de ce lourd dynamo pesant 3 tonnes et puissant de 125 volts ne s'est pas fait sans accident malheureusement. En passant sur le petit pont qui conduit à la bâtisse de la compagnie, le plancher s'est brisé et le dynamo est tombé d'une hauteur de quinze pieds. Par bonheur il n'a subi aucun dommage sérieux. Un des dynamos actuels servira à l'éclairage de la manufacture de caoutchouc.


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Pendant toute la journée de mardi une pluie abondante n'a cessé de tomber accompagnée d'un vent glacé. Nos chemins, nos toits et nos arbres se sont vite recouverts de verglas.

Le soir, les branches de nos érables et de nos saules, courbés sous le poids du givre, semblaient se baisser pour venir donner une caresse aux promeneurs et promeneuses de clair de lune.

Un arbre s'est brisé sous le poids du verglas près de l'emplacement de l'ancien collège. Tombé en travers du chemin, il pouvait dans l'obscurité de la nuit, causer des accidents.

Messieurs Bélanger et Savard avertis par notre constable se sont donc mis à l'oeuvre à onze heures du soir et ont déblayé la route.

 


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Dimanche dernier, monsieur Cyrille Lauzon, marguillier sortant de charge a été remplacé par monsieur Pierre Plouffe.

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On nous annonce que deux de nos concitoyens: Messieurs Joseph Leclair et Anthime Lorrain seront au nombre des petits jurés au prochain terme de la Cour Criminelle à Sainte-Scholastique.

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La messe de minuit dans notre ville a été des plus ordinaires. Cet office religieux si débordant de poésie et de réminiscences, n'a pas revêtu le caractère émouvant des années dernières.

Le culte si beau de l'Église laisse réellement à désirer à plusieurs points de vue dans notre vieille église.


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Au moment où nous allons sous presse, on nous apprend qu'un malheureux ouvrier, nommé Wilbrod Vermette, employé à la construction de notre église, vient de tomber du toit. Il va probablement mourir.

Les docteurs J.Em. Fournier et C.D. Longpré lui prodiguent leurs soins.


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L'extérieur de notre nouvelle gare est presque complètement terminé.

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Les abonnés de la Cie. Électrique de Saint-Jérôme sont tout émerveillés de constater une sensible amélioration dans l'éclairage des maisons. Vraiment, la lumière brille d'un éclat magnifique et nous ne sommes plus obligés d'allumer les lampes à pétrole sous les lampes électriques, pour y voir.

Si nous avions maintenant la lumière dans les rues!..

Janvier 1898

COMPTE RENDU DU DÉPARTEMENT DU FEU ET DE LA POLICE POUR L'ANNÉE 1897

INCENDIES:

Durant l'année qui vient de se terminer, il y a eu 4 incendies qui ont nécessité les service de la pompe à vapeur; 3 commencements d'incendies éteints par le seul secours des pompiers; et 33 fausses alarmes.

POLICE:

20 arrestations ont été faites du 21 avril au 31 décembre 1897

Ventes sans permis, dans les rues..3

Désordre dans la rue.....................1

Ivresse........................................16


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Lundi dernier, monsieur Auguste Beauchamp, de la Côte double, célébrait ses noces d'or.Une jolie fête religieuse a eu lieu à notre église à cette occasion. monsieur l'abbé Rochon, curé de Saint-Hippolyte et neveu de Madame Beauchamp, fit une délicate allocution aux vieux époux.

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Nous invitons tout Saint-Jérôme à se rendre dimanche à la soirée du Cercle des Variétés. Un jongleur et un magicien de Montréal y feront des tours merveilleux qui ont déjà fait accourir la foule au Parc Sohmer. La fanfare y jouera plusieurs magnifiques morceaux.

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Messieurs Stanislas Clément de Saint-Canut et Adélard Prud'homme de notre ville nous ont quitté pour... le Klondyke. Ils sont partis en braves n'apportant aucun bagage avec eux. Ils se muniront à Vancouver de ce qui leur sera nécessaire. Ils ne croient pas se rendre à Dawson City avant le 12 juin. Monsieur Clément n'est pas tout à fait étranger à ces régions où il va tenter de faire fortune. Déjà il a vécu dans l'Alaska. Cette connaissance du pays lui sera sans doute d'une grande utilité ainsi qu'à son compagnon.


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On a tiré le gâteau des Rois chez madame Lapointe, jeudi soir. Jeunes filles et jeunes gens s'en sont donné à coeur joie.


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Il y a eu un commencement d'incendie à l'étal de monsieur Bisson au marché, au commencement de la semaine. Le feu s'est déclaré dans un lot de papier, qui se trouvait un peu trop près du tuyau. Monsieur Clark et les autres bouchers se sont empressés de venir au secours de monsieur Bisson et on a pu éteindre le feu avec un babcock. Les dommages sont insignifiants.

Un autre commencement d'incendie a failli détruire l'Hôtel Chevrier, la semaine dernière. Le feu avait pris dans la boiserie qui entoure un tuyau et il a fallu une hache et de l'eau en quantité pour avoir raison de l'élément destructeur.


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Hier soir au moment où on lançait le courant électrique pour éclairer nos rues, un fil s'est brisé en face de l'Hôtel Chevrier. On téléphona immédiatement aux ateliers et des ouvriers furent envoyés en toute hâte pour réparer ce fil. Comme on sait, il n'y a rien de plus dangereux que la rupture d'un fil électrique, car si un imprudent touchait ce fil brisé, il en résulterait un choc qui l'enverrait ad patres.

Puisque nous sommes à parler d'électricité, félicitons la Cie. Electrique de Saint-Jérôme, qui vient de doter notre ville d'un système d'éclairage que les anciens propriétaires de notre usine électrique n'ont jamais pu obtenir. Nous n'avons pas la lumière à arc, il est vrai, mais comme lumière incandescente, nous pouvons dire que nous avons la meilleure lumière de la province. Hier soir des centaines de lumières disséminées dans les rues, éclairaient notre ville comme jamais elle n'a été éclairée.


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Les travaux de notre église se poursuivent toujours avec autant de vigueur que possible. Une vingtaine d'ouvriers sont occupés à poser le bois de la toiture et cela malgré le froid et la tempête. Nous plaignons sincèrement ces pauvres ouvriers, dont le travail est si dur et si peu rémunéré.


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Le procès de la femme Poirier, Cordélia Viau, accusée du meurtre de son mari, se poursuit actuellement à Sainte-Scholastique. Un grand nombre de nos concitoyen suivent avec émotion les différentes phases de cette sanglante tragédie, dont le premier acte commence à peine à se dérouler. On nous assure que le procès de la femme Poirier durera au moins quinze jours et que celui de Sam Parslow sera aussi long sinon plus long, ce qui fait que nous ne connaîtrons pas le dénouement avant la fin du prochain mois.

Notre population s'indigne à la pensée du crime atroce qui a été commis et cependant on ne peut se défendre d'une parole de pitié pour les malheureux accusés.

-- La pierre de façade de notre nouvelle église, vient des carrières de monsieur Damase Naud, de Saint-Alban. Cette pierre est très belle et fait honneur aux ouvriers qui l'ont taillée.

Février 1898


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Lundi soir, il y a eu une session du Conseil sous la présidence de monsieur le maire S.J.B Rolland. Les conseillers présents étaient Messieurs S. Labelle, F. Filion, L. Brière, E. Gibeau, N. Bélanger et W.B.Nantel.

Lecture est faite des délibérations de la session précédente, lesquelles sont adoptées.

Monsieur Labelle est autorisé par le Conseil d'acheter tous les tuyaux nécessaires pour l'aqueduc.

Monsieur le maire fait lecture d'une lettre de monsieur Bouchard, de Waterloo, demandant un bonus pour l'établissement d'une manufacture de meubles. On autorise monsieur le secrétaire à répondre à monsieur Bouchard que le Conseil n'est pas disposé à accorder un bonus mais seulement une exemption de taxes.

On présente ensuite différents comptes, qui sont acceptés.

Sur demande à cet effet, le conseil accorde gratuitement, pour le bazar, l'usage de la salle du marché.

Enfin, il est décidé par résolution du Conseil qu'après le premier jour du mois de mars prochain, tous les chiens pour lesquels la taxe imposée n'aura pas été payée, seront détruits par ceux qui ont charge de faire observer les lois municipales de cette ville.


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Les funérailles de l'hon. W. Prévost doivent avoir lieu demain à Terrebonne.

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Depuis dimanche, nous avons eu la plus forte tempête de neige que nous ayons eu depuis un grand nombre d'années. Tous les trains sont bloqués sur notre ligne de chemin de fer, et le service de la malle par voiture a lui aussi été retardé. Les chemins sont dans un état impraticable, et il faudra plusieurs jours avant que la circulation publique reprenne son cours ordinaire.

On peut se faire une idée des inconvénients qui peuvent résulter, pour une ville et une paroisse qui comptent une population d'environ six mille âmes, d'être, ainsi que nous l'avons été durant cette semaine, quatre jours sans avoir de malle de Montréal et des autres grands centres. Il nous semble que les autorités devraient prendre les mesures pour éviter de semblables retards aux intérêts des gens d'affaires.


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Notre manufacture de caoutchouc, la Boston Rubber Co., augmente graduellement le nombre de ses employés et avant peu sera entièrement organisée.

A l'heure qu'il est 32 ouvriers y travaillent. On y fabrique chaque jour en moyenne, 360 paires de claques.


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Dimanche prochain, une soirée musicale sera donnée dans la salle du bazar par les jeunes demoiselles de notre ville. Mlle Anette Lapointe est l'organisatrice de ce concert. Cela suffit pour en assurer le plein succès.

Plusieurs opérettes y seront jouées. Le prix d'entrée n'est que de 10 centins. Après le concert, il y aura grand souper aux huîtres.


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