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La ville et le saint homme Dans le texte qui suit, deux questions nous occupent. Pourquoi une ville, et en particulier la ville de Saint-Jérôme, porte-t-elle le nom dun saint homme et qui est ce Jérôme dont le nom se retrouve sur tous les documents officiels de la municipalité? Plusieurs villes du Québec ont la particularité, tout comme la ville de Saint-Jérôme, de porter le nom dun saint ou dune sainte. Pour la plupart, ces municipalités résultent de deux faits subséquents, soit: la fondation dune paroisse ecclésiastique au début du régime anglais et lapplication dune loi par laquelle le gouverneur donne à chacune de ces paroisses le statut de municipalité civile. Début du régime anglais En 1763, après la conquête de la Nouvelle France et au début du régime anglais, les structures civiles et religieuses déjà en place furent tolérées; le conquérant devait se ménager des alliés contre ses colonies du sud où la révolte grondait. La Seigneurie et la Paroisse demeurèrent donc en place; on ne déposséda personne et on permit la pratique de la religion catholique. Le serment du test permettait aux maîtres de la colonie de filtrer les indésirables en attendant dinstaller des structures civiles plus conformes à lesprit britannique. Les seigneurs y perdirent cependant leur droit de milice. Haut-Canada et Bas-Canada Après la constitution de 1791 qui divisa la colonie en deux provinces, Haut-Canada et Bas-Canada, les seigneurs perdirent leur droit de justice (1793). Quelques droits de la paroisse furent cependant reconnus et certains eurent un caractère profane comme le droit détablir les actes détat civil et la tenue des registres qui en font foi. Lévêque de Québec avait conservé le pouvoir dériger de nouvelles paroisses. La paroisse La paroisse était alors, faute dorganisation proprement municipale, la seule structure qui légalisait lexistence dune agglomération en signifiant son intégration à lorganisation du pays. "La paroisse était dans les faits, lunité administrative locale essentielle et avait largement débordé le strict cadre religieux pour, en quelque sorte, noyauter la société civile." Toutefois, lors dune demande dérection de paroisse, lévêque devait tenir compte du nombre de paroissiens impliqués, de leur capacité à subvenir convenablement aux besoins dun futur curé, vérifier le consensus établi quant à la localisation de la future église et sassurer de la participation matérielle et financière des seigneurs intéressés par cet établissement religieux. Demande pour ériger une paroisse Nous sommes donc en 1831 sur le territoire où grandira la ville de Saint-Jérôme. " Le 15 novembre 1831, une importante requête appuyée par les seigneurs des Mille-Îles, MM. Dumont et de Bellefeuille, demandait à Mgr Panet, évêque de Québec, la formation dune nouvelle paroisse à la rivière du Nord, dans laugmentation des Mille-Îles. Les deux beaux-frères prenaient la tête de 2,025 habitants dont 800 communiants prêts à garantir à un éventuel curé résident une dîme sélevant à 200 minots de blé, 100 minots de pois, 70 minots dorge, 200 minots de seigle, 30 minots de sarrasin, 30 minots de maïs et 400 minots davoine." Loffre fut vérifiée par une Commission qui se rendit sur place en février 1832 et confirma la validité de la requête. Lintérêt des seigneurs Cependant les choses traînent en longueur, le décret nest pas encore émis que survient la mort de Mgr Panet (1833) et le seigneur de Bellefeuille, qui a fait dambitieux plans de développement pour la rivière du Nord, simpatiente. Au début de 1834, il écrit à Mgr Signay, nouvel évêque de Québec, pour accélérer le processus et devant lhésitation ressentie, hausse les conditions prévues à la requête de 1831. "Il offre un terrain suffisant à la construction dune église, dun presbytère, des dépendances, dune école et à laménagement dun cimetière; il propose aussi de pourvoir au bois de chauffage du curé, se disant même prêt à donner une terre à bois à ce dernier ou à la fabrique; enfin il propose de scier à son moulin les billots de pin nécessaires à la construction des édifices religieux. Il offre même la cloche de léglise." Enquêtes et précautions prises par les évêques Les effectifs du clergé étant passablement réduits, un curé devant desservir environ 1,800 fidèles, Mgr Signay avait décidé de réunir dans une même paroisse les colons occupant lAugmentation des Mille-Îles, dont la requête avait déjà été acceptée, avec ceux occupant lAugmentation de Deux-Montagnes. Hésitant sur le fait de joindre les territoires de deux seigneuries différentes en une seule unité paroissiale et se méfiant des réactions parfois inattendues des fidèles de lépoque, il envoya un autre enquêteur pour sonder lopinion des colons concernés par la décision à prendre. Ayant opéré toutes les vérifications nécessaires et reçu laccord des personnes impliquées, Mgr Signay érigea la paroisse de Saint-Jérôme-de-la-Rivière-du-Nord le 15 novembre 1834, trois ans, jour pour jour depuis le dépôt de la première requête dirigée par les coseigneurs Dumont et de Bellefeuille. Voilà donc Saint-Jérôme dotée en 1834 de la seule organisation officielle accessible à cette époque dans le domaine local au Bas-Canada et la voilà baptisée. Vers un système municipal Lentement le système dadministration civile de la colonie fut modifié et ce nest quen 1845 que le gouverneur appliquera la loi par laquelle il fait de chacune des paroisses et des cantons ecclésiastiques, en leur conservant leurs limites exactes, autant de municipalités civiles distinctes. Cette loi subira elle-même diverses transformations jusquà ce quon arrive en 1855 à lacte des municipalités et des chemins du Bas-Canada qui est la véritable base du système actuel des municipalités de la province de Québec. Quant au système seigneurial, la loi dabolition en fut votée en 1854. Une indemnité de 10,000$ fut versée aux seigneurs en 1859 et les censitaires eurent le droit de racheter leurs terres en un seul paiement ou sous forme de loyer annuel. En 1935, le gouvernement abolissait les rentes seigneuriales et payait le capital que représentait ces rentes. Évolution civile de Saint-Jérôme Lévolution civile de Saint-Jérôme se traduit donc ainsi: paroisse catholique en 1834; municipalité de paroisse, en 1845 comme le permet une nouvelle loi; municipalité de comté en 1847 suivant la loi qui regroupe les représentants des municipalités dun comté pour former un conseil présidé par un maire élu: Saint-Jérôme députa chaque année au conseil de comté de Terrebonne deux représentants; municipalité de paroisse locale, en 1855: en vertu de lacte des municipalités et des chemins du Bas-Canada, Saint-Jérôme eut sa municipalité de paroisse locale, son premier conseil et son premier maire connus; municipalité de village: le 1er janvier 1857, la municipalité du village de Saint-Jérôme, séparée de celle de la paroisse, fut officiellement constituée et elle eut son premier conseil et son premier maire; ville: le 1er janvier 1881, par proclamation du lieutenant gouverneur, le village de Saint-Jérôme devient officiellement la ville de Saint-Jérôme. Voilà donc lévolution de la structure officielle qui a permis de développer un territoire dabord géré par un seigneur et baptisé par un évêque sous le nom évocateur de Saint-Jérôme-de-la-Rivière-du-Nord. Origine possible du nom de la ville Pourquoi, en 1834, a-t-on choisi saint Jérôme comme patron de la nouvelle paroisse? On aurait pu lui conserver le nom de Saint-Jean-Chrysostôme déjà porté par la première chapelle, installée dès 1821 près de la rivière du Nord, là où se trouvait le berceau de la jeune colonie. Il en fut décidé autrement. Si on admet la tradition qui veut que la paroisse de Saint-Jérôme ait ainsi été dénommée pour faire honneur à un de ses pionniers les plus dynamique, il sagirait de Jérôme de Longpré (ou Longpré), père du jeune Jérôme de Longpré qui épousa, en 1840, Angélique Lefebvre de Bellefeuille, fille du seigneur de Bellefeuille copropriétaire de lAugmentation de la seigneurie des Mille-Îles. Quoi quil en soit, la paroisse fut mise dès sa fondation, en 1834, sous la protection de saint Jérôme, confesseur et docteur de léglise dont la fête se célèbre le 30 septembre. Dumontville ou Saint-Jérôme? Un timide essai pour changer le nom eut lieu au moment où la municipalité de village se sépara de la municipalité de paroisse. La proclamation de la corporation du village de Saint-Jérôme fut signée le 29 février 1856 mais ne devait être mise en vigueur que le 1er janvier 1857; entre ces deux dates, il y eut quand même des réunions officielles: formation du conseil, élection dun maire. On parlait dans les minutes du Village de Dumontville et non de Saint-Jérôme. Cependant aussitôt passée la date de la mise en vigueur de la proclamation de la corporation du village de Saint-Jérôme, soit le 1er janvier 1857, il ne sera plus jamais question du Village de Dumontville, officiellement du moins. " Énigme historique" selon Germaine Cornez à qui on doit une histoire de la ville de Saint-Jérôme. Connaissons-nous le saint homme Jérôme? Le vocable de Saint-Jérôme est donc là pour rester. Qui est donc ce Jérôme dont on ne saurait se passer? Quel est cet homme dont un immense portrait ornait le choeur de la toute première église des temps anciens? Il serait intéressant de rafraîchir nos connaissances au sujet de cette forte personnalité, de ce modèle proposé à nos ancêtres en même temps que protecteur. Lui aussi s'intéressait à l'histoire Saint Jérôme (347-419) est le patron des exégètes (ceux qui établissent le sens dun texte selon les normes de la critique scientifique), le patron des traducteurs, de tous ceux qui se dévouent aux études historiques, des érudits, et des philologues (ceux qui étudient les textes en comparant des manuscrits, des éditions, ou par lhistoire). Le patron de ces sciences rébarbatives nétait pas le type dhumaniste enfermé dans sa tour divoire, mais bien au contraire, un enthousiaste, un être ardemment mêlé à son siècle. Il a été jeune et étudiant Saint Jérôme est né en 347 dune famille chrétienne qui habitait, au nord-est de lItalie, la ville de Stridon en Dalmatie. Issu dun milieu très à laise, il est laîné, de douze ans, dune soeur et d'un frère. Par ses lettres, on lui connaît une grand-mère très aimée et une tante au caractère redoutable. Adolescent, il poursuit, à Rome, les études classiques qui forment des orateurs maniant habilement la controverse et largumentation destinés au droit ou à la politique. Il apprend le grec et surtout il sattache à se constituer une bibliothèque, copiant avec ardeur tous les ouvrages qui lui tombent sous la main. Il se fait baptiser à lâge adulte comme il est coutume alors. Il a 19 ans, ses études à Rome sont terminées et il se prépare à entreprendre un long voyage vers la Gaule. Ce voyage orientera le reste de sa vie, car au retour il décide de se faire moine. Il se joint à une commune religieuse Il rompt avec sa famille qui napprouve pas son choix et se joint à un cercle de religieux lettrés dans la ville dAquilé, non loin de sa ville natale. Il lui semblait avoir trouvé là ce qui lui suffirait pour remplir toute une vie: lamour du Christ, lamitié et la vie de lesprit. Cependant le groupe se sépare et Jérôme décide de se rendre à Antioche, en Orient, où il désire vivre parmi les ascètes du désert. Il y arrive complètement épuisé par le voyage et se réfugie chez un ami où il tente de récupérer ses forces et où il vit une sérieuse remise en question; guidé par une inspiration mystique, cet homme de lettres formé par la culture grecque et latine décide de tourner le dos à la culture occidentale et de consacrer ses recherches et toute sa vie à létude des textes de la Bible; il veut mieux comprendre les bases de la religion chrétienne et ce faisant, trouver le chemin de la perfection. Cest un passionné qui réagit ainsi; il écrira en rappelant cette prise de décision : "Là où est ton trésor, là est ton coeur." Il vit parmi les ascètes du désert À 28 ans, il se rend au désert de Chalcis où des grottes naturelles servent de refuge à quelques moines. Il se joint à eux mais son enthousiasme est en butte aux dures réalités de la vie dascète; la misère et une excessive sévérité envers lui-même le mènent à un délire voluptueux quil combat par la prière et létude. Il entreprend létude de la Bible latine, la comparant au texte de la Septante, la plus ancienne des versions grecques de la Bible hébraïque, qui avait servi de base au texte latin alors en usage. Son esprit critique, avide de rigueur, ne tarde pas à y déceler des erreurs. Insatisfait, il se met à létude de lhébreux avec un moine juif converti afin de pouvoir lire, un jour, la Bible dans le texte original. En même temps, il approfondit sa connaissance du grec, copie des manuscrits, dicte des textes à des copistes, écrit de nombreuses lettres par lesquelles il développe certains sujets concernant le dogme ou lexégèse. À cette époque lÉglise avec ses trois siècles dexistence est devenue une institution reconnue; cest cependant une période où le pouvoir laïc se mêle des affaires religieuses et où foisonnent les hérésies. Jérôme demeure fidèle aux dogmes et à la doctrine et même à lintérieur dun groupe de moines ascètes, comme le leur, les controverses sont si violentes que moins de trois ans après son arrivée il se résigne au départ. Contrairement à ses aspirations, il ne trouva pas la paix au désert. Prêtre, théologien et historien Il est ordonné prêtre à Antioche à lâge de 31 ans. Il se rend à Constantinople où il approfondit ses connaissances bibliques et théologiques. Il y compose son premier grand ouvrage dérudition: il traduit la Chronologie dEusèbe de Césarée, résumé de lhistoire universelle, et la complète dun certain nombre dadditions personnelles. Les préoccupations historiques tiennent chez Jérôme une place importante. Secrétaire du pape et traducteur de la Bible À Rome vers 382, il est remarqué par le pape Damase qui le retient comme secrétaire et tenant compte de son érudition lui confie la lourde tâche de refaire la traduction latine des textes de la Bible. Cette traduction sera connue sous le nom de Vulgate; cest la version utilisée de nos jours par lÉglise catholique. Jérôme disait : "Il me faut confronter des exemplaires de lÉcriture dispersés à travers le monde. Comme ils divergent entre eux, je dois dabord décider quels sont ceux qui concordent avec loriginal grec". Sa méthode est celle quemploieraient les érudits de notre temps. Ce travail allait lui valoir plus de critiques que déloges car il bousculait les habitudes, corrigeait des erreurs que lon répétait par routine, et cela ne pouvait manquer de soulever des protestations. Scandale du célibat des femmes En même temps, il traduit des textes et compose des oeuvres de polémiques utilisant toutes les ressources de lexégèse dont il est dès lors un maître. Il écrit, à la même époque, un éloge de la virginité chrétienne. Or, penser que les femmes pouvaient oser demeurer vierges était une cause de scandale. Les coutumes hébraïques exaltaient par dessus tout la maternité; quant aux païens, ils déniaient à la femme toute personnalité juridique, elle passait de la tutelle de son père à celle de son époux. Garder le célibat, cétait aller contre le pouvoir du père de famille qui disposait de ses filles à son gré. Légalité entre lhomme et la femme faisait leffet dune monstruosité. Jérôme nen formula pas moins un véritable traité de la virginité qui allait être la première règle de ces moniales sans cloître; fidèle à son idéal dascète Jérôme encourage, dans cette voie, quelques femmes de la société romaine dont bientôt le nom sera inséparable du sien: Marcelle et Paule. Marcelle et Paule Sous limpulsion de Marcelle sétait formé un petit groupe de veuves et de jeunes filles qui se réunissaient afin de développer leur esprit de charité et leur culture religieuse. On y retrouvait Paule, riche veuve dune trentaine dannées et déjà mère de quatre enfants. Trois de ses filles se consacreront elles aussi à lidéal ascétique ainsi que plusieurs de leurs amies. Sous légide de Jérôme toute une école de perfectionnement et de sciences religieuses se formait chez les nobles dames romaines. Cependant Jérôme sétait créé plusieurs ennemis et à la mort du pape Damase, son protecteur, un tribunal ecclésiastique lobligea à rejoindre léglise dAntioche dont il dépendait. À la recherche des Lieux Saints de la Bible À 38 ans, il commença une nouvelle période de son existence, la plus stable et la plus féconde. À son départ de Rome, Paule et sa fille avec quelques autres de ses élèves le suivirent. Il était leur guide sur le chemin de la perfection et des études bibliques. Elles entreprirent avec lui un pèlerinage en terre sainte visitant avec respect les lieux dont il est mention dans la Bible. Jérôme a donné un récit de ce voyage et il nous montre Paule, à Jérusalem, empressée à se recueillir sur les lieux saints destinés à devenir dans la dévotion moderne le Chemin de la Croix. Bethléem et les premiers monastères Le pèlerinage terminé, cest à Bethléem quils décidèrent de se fixer. Paule fit édifier à ses frais les deux monastères nécessaires pour recevoir, lun Jérôme et ses compagnons, lautre les moniales. Elle fonda aussi, près de la route, une hôtellerie pour les pèlerins à lendroit où Marie et Joseph navaient pas trouvé de gîte. Ces monastères furent les premiers monastères fondés par des occidentaux. Paule y épuisa sa fortune et Jérôme dut envoyer son jeune frère Paulin, devenu son disciple, vendre ce qui leur restait des biens paternels à Stridon ville dévastée, quelques années plus tôt, par linvasion des Goth (378). Le séjour à Bethléem voit saccomplir lénorme travail de la révision de la Bible, ainsi que les Commentaires composés sur la plupart des livres de lAncien Testament. Jérôme nen cesse pas pour autant ses traductions dauteurs quil juge intéressants pour lÉglise. Il produit deux essais sur la vie monastique, un catalogue biographique des écrivains chrétiens, une infatigable correspondance dont la plupart des lettres sont de véritables traités. Querelles à propos des hérésies Il y avait aussi malheureusement les querelles interminables, créées autour des hérésies. Elles passèrent par des écrits, des alliances, des hostilités, des ordres dexil, des attaques à main armée, des interventions de lempereur et une réunion de concile. Jérôme souvent au centre de ces querelles et lui-même pris à partie, demeurait toujours orthodoxe et défendait la position de lÉglise avec ardeur. Car cet homme de lettres, dune activité intellectuelle indiscutable, était un homme daction, enthousiaste, prompt à la colère et démonstratif dans ses amitiés comme dans ses invectives. LEmpire Romain seffondre Cest pendant une période très troublée que sexerce cette activité surabondante. LEmpire Romain seffondre les Huns sèment la panique en Orient et finalement Rome tombe aux mains des barbares. À laube du Moyen Age Jérôme mourut à 72 ans, le 30 septembre 419, à laube du Moyen Age. Par ses travaux importants sur la Bible, le Livre par excellence de cette époque, il deviendra lun des saints les plus connus et représentés par les miniaturistes et les peintres; son influence sera indiscutable sur lélaboration de la culture judéo-chrétienne qui a modelé les société occidentales détrônant la civilisation antique. Au début du IXe siècle, dans le précieux manuscrit de la Bible de Charles le Chauve, roi de France, les enluminures le montrent dans ses voyages, dans ses études de lhébreu, donnant des instructions aux moniales ou distribuant louvrage aux copistes. Au cours des siècles, les artistes peintres créeront une auréole de légende autour du personnage et le représenteront comme un vieillard pénitent au désert ou retirant une épine de la patte dun lion. Sa popularité, à mesure que le temps passait, maquillait son histoire. Qui était le saint homme? Jérôme, dont une ville porte le nom, fut un homme passionné, engagé, qui exerça une activité intellectuelle infatigable, négligeant son confort matériel pour donner tout le crédit de ses exigences à la rigueur de lesprit, à la recherche de la vérité. Il se consacra principalement à létude de la Bible dont il donna une traduction en latin, connue sous le nom de Vulgate, et dont il fit de nombreux commentaires. Il fut aussi un propagateur de lidéal monastique. On lui connaît un caractère vif stimulé par la controverse; il sera toujours prêt à la discussion et à la critique. Bien quon lui ait reproché ses colères, il se présente comme un défenseur fidèle, un éducateur éclairé, un ami chaleureux et un leader incontestable. Par Ghislaine Demers Flibotte Sources: |
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