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MOULIN À CARDES DE SAINT-JÉRÔME

Nous rappellerons ici l’histoire du vieux moulin à carder de Saint-Jérôme dont les vestiges sont ensevelis à jamais, depuis la fin de l’été, sur les bords de la rivière du Nord. Ancêtre de l’industrie textile qui fit battre pendant des années le coeur économique de notre région, sa disparition mérite qu’on se souvienne. Les vestiges de ce témoin du passé sont enfouis sous le terrain où se situait Les Ameublements Corbeil au 236 Labelle.

HISTOIRE DU MOULIN

Avant l’apparition des moulins à carder, la laine était traitée d’une façon artisanale à l’aide de deux cardes manuelles frottées l’une sur l’autre afin de démêler la laine et la former en rouleaux légers avant de la filer, puis la tisser ou la tricoter.

L’installation d’un moulin à carder marquait un progrès industriel intéressant et représentait pour les seigneurs une source de revenus non négligeable. Avant même la fondation de la paroisse de Saint-Jérôme, en 1834, les seigneurs Dumont et De Bellefeuille, administrateurs de la seigneurie, avaient projeté l’installation d’un moulin à carder et à fouler sur la rivière du Nord non loin de l’un de leurs moulins à farine.

Ils autorisèrent, en 1829, Justus Barnet et John Hutchin, maîtres à carder tous les deux, à construire un moulin à carder. Les deux cardeurs acceptaient, ce faisant, que les seigneurs prennent possession du moulin, de ses outils et de ses dépendances, 9 ans plus tard, selon une évaluation monétaire qui serait établie par des experts. Les profits leur appartiendraient pendant 5 ans puis ils devraient en remettre le 1/8 aux seigneurs jusqu’à la fin du contrat. Ils utiliseraient la digue du moulin à farine seigneurial, et si elle venait à briser, ils en assumeraient la moitié des frais de réparation. Ils construisirent donc un moulin à carder et à filer en bois ainsi qu’un foulon et partagèrent, entre eux, les dépenses, les dettes et les profits. Ce fut la première installation d’un moulin à carder à Saint-Jérôme.

Quelques années plus tard, vers 1838, c’est William Moranville, maître cardeur, qu’on retrouve aux commandes du moulin à carder. Cet Écossais venu s’établir à Saint-Jérôme, paroisse nouvellement fondée, épousa en 1841, Angèle Morand, fille d’un pionnier de la Rivière du Nord. Les événements dramatiques reliés à la révolte des Patriotes venaient d’avoir lieu. On raconte que deux des frères d’Angèle Morand, Narcisse et Léon, ayant fait le coup de feu à Saint-Eustache avaient dû se cacher dans les bois de Saint-Colomban. C’est Angèle, alors âgée de 17 ans, qui leur portait des vivres, par des sentiers de forêt à peine tracés et peu sûrs, à dix milles de la maison paternelle. Le courage et l’intrépidité dont elle fit preuve l’accompagnèrent dans sa vie quotidienne et lui permirent de surmonter les épreuves pénibles qui l’attendaient. Son mari, William Moranville mourut en 1843 un peu avant la naissance de son deuxième enfant et la laissa veuve avec la responsabilité de faire fonctionner un moulin à carder; quelques années plus tard son fils aîné mourra noyé à l’âge de cinq ans.

Après le décès de son mari, elle engagea donc un cardeur compétent afin de l’aider à gérer le moulin dont elle était devenue héritière : ce fut Ludger-Édesse Côté, jeune cardeur de 19 ans, qui avait appris son métier de cardeur à la manufacture de laine des Sasseville, à Terrebonne. Comme dans un beau roman, ils se marièrent l’année suivante et formèrent un couple estimé de tous. C’était des gens charitables et leur maison ainsi que leur table étaient largement ouvertes à leurs clients et amis; leur hospitalité devint quasi proverbiale. Ils eurent neuf enfants et Ludger-Édesse Côté fut conseiller municipal, commissaire d’école, marguillier, lieutenant de milice et il trouva même le temps d’être membre de la fanfare locale.

Grâce à son esprit d’initiative Ludger-Édesse Côté ne tarda pas à améliorer la productivité du moulin et il sut le mettre en valeur. Vers 1847 il projeta de remplacer les bâtiments de bois du moulin par une construction de pierre. C’est ce moulin, qu’il a édifié, qu’on identifiera jusqu’à nos jours comme étant le moulin à cardes d’Édesse Côté ou encore, le moulin à cardes de Saint-Jérôme. Le rapide de la rivière du Nord situé tout près du moulin portera son nom. Il sera connu sous le nom de rapide Côté.

L’ARCHITECTURE ET L’ASPECT DU MOULIN À CARDER

Voici donc l’aspect que présentait le moulin à cardes d’Édesse Côté. La bâtisse s’élève sur quatre étages au bord de la rivière du Nord, près du pont Bruyère (aujourd’hui pont Saint-Joseph). Elle est construite de pierres cimentées et le toit a deux versants et deux cheminées. De nombreuses fenêtres assurent un bon éclairage à l’intérieur; à chacun des étages il y a trois ouvertures sur chacun des murs latéraux et deux du côté de la rivière; l’étage sous le toit présente deux fenêtres à chacun des bouts. Du côté de la rue, adossé au moulin, il y a un hangar à deux étages. Il est fait de planches debout et il sert à entreposer le bois de chauffage et les surplus de laine.

Un passage très étroit descend de la rue vers le moulin. Il y a une passerelle et ceux qui apportent de la laine à carder doivent la transporter eux-mêmes un sac à la fois, en laissant leur voiture et leur cheval, attaché à un poteau, sur la rue principale longeant la Rivière du Nord (rue Labelle aujourd’hui).

À l’intérieur du moulin deux poêles de fonte de 36 pouces, installés au deuxième et troisième étage, assurent le chauffage au besoin. L’eau circulant pratiquement sous le moulin l’atmosphère demeure très humide et fraîche, même en été . Les fenêtres s’ouvrent très peu car le vent pourrait disperser la laine; les planchers sont en bois. Les cardes situées au deuxième étage sont les machines essentielles au fonctionnement de la petite industrie qui se doit de rendre la laine de mouton prête à être filée.

LA TECHNOLOGIE

La machinerie du moulin à carder était entièrement actionnée par la force motrice de l’eau de la rivière du Nord. À cet endroit une forte dénivellation de la rivière, endiguée, proposait une source d’énergie intéressante. Un canal incliné, ayant trois ou quatre pieds de hauteur dans son plus haut, amène l’eau de la rivière au coffrage extérieur du moulin. Quand le cardeur s’apprête à mettre le moulin en marche, il actionne à l’intérieur du moulin une grosse roue qui laisse tomber une porte dans le coffrage intérieur du moulin pour que l’eau de la rivière s’y engouffre afin de faire tourner la turbine qui, en développant "dix forces", actionne toute la machinerie. À l’extérieur du moulin, le chenal où arrive l’eau de la rivière, appelé aussi "le gris", est fait de bois. On doit le nettoyer régulièrement à l’aide d’un grand râteau afin de maintenir la force du pouvoir d’eau et empêcher que le chenal ne brise sous le poids ou l’enchevêtrement de la glace, des feuilles mortes, ou des branches.

À l’intérieur, la laine apportée par les éleveurs de mouton était d’abord passée dans le piqueur, machine à démêler la laine, puis transférée sur les cardes afin d’être peignée. Les cardes, ces machines qui donnent leur nom au moulin, sont de longues machines en forme de table couvertes d’un tapis roulant et présentant à un bout un groupe de plusieurs gros rouleaux, munis de garnitures à fines pointes métalliques, qui tournent en se frictionnant l’un sur l’autre. Les cardes brossent et rebrossent la laine. Elles sont entraînées par un système de courroies et d’engrenages animé par une turbine qui réagit à la force motrice de l’eau. Portée par le tapis roulant, la laine de mouton, déjà démêlée par le piqueur, passe et repasse dans la carde pour finalement former de petits rouleaux de laine, légers et longs de 20 pouces environ.

La laine est alors prête à être filée au rouet ou à la machine à filer. Certains moulins à carder s’équipent d’une ou de plusieurs de ces machines à filer afin d’augmenter la quantité et la rapidité de la production de fils de laine. On peut alors entreprendre le tissage des étoffes sur un mode industriel et produire, à l’aide d’un foulon, du tissu de laine foulé et feutré, appelé étoffe du pays, prêt pour la fabrication de vêtements chauds, d’habits et de pantalons. Le moulin à carder de Saint-Jérôme selon l’habileté ou les qualifications de ses cardeurs successifs a exécuté les différentes fonctions de cardage et filage de la laine, de teinture et foulage du tissu.

LE MÉTIER DE CARDEUR

On dit que le métier de cardeur fut apporté au Québec par les Écossais. Ce métier se transmettait d’un cardeur à un autre par un stage plus ou moins long auprès d’un maître cardeur compétent. Dans le cas d’Édesse Côté, il avait donné trois ans de son temps, sans salaire, pour faire son apprentissage à la manufacture le laine de Sasseville, à Terrebonne. Un bon cardeur devait d’abord avoir le goût de la mécanique car la réussite du cardage de la laine passait par un bon ajustement et un bon entretien de la machinerie. Il devait être aussi minutieux, rapide et en bonne santé. Il devait consentir à supporter l’atmosphère humide des lieux et le bruit constant. Si en plus il était son propre maître il devait avoir le sens des affaires et développer une méthode de travail qui pouvait rendre ses efforts productifs et rémunérateurs. Dans plusieurs cas, les maîtres cardeurs étaient aussi des constructeurs de moulins.

Nous avons retracé le nom de plusieurs cardeurs qui ont mis leur habileté au service des gens de la région de Saint-Jérôme en travaillant au moulin à carder. Il s’agit de Justus Barnet et John Hutchin, les premiers maîtres cardeurs de la seigneurie en 1829; de William Moranville maître cardeur écossais installé vers 1838 dans la jeune paroisse de Saint-Jérôme qui prit pour épouse Angèle Morand et mourut prématurément quelques années plus tard; de Ludger-Édesse Côté arrivé en 1843, constructeur du moulin de pierre, demeuré fidèle au poste pendant 45 ans; de Joseph-Charles Larocque, actif au moulin pendant 14 ans, entre 1893 et 1916, il cardait la laine, teignait et foulait le tissu; d’Arthur Wilson qui y exerça son métier de cardeur pendant 9 ans entre 1893 et 1902; de Joseph Valiquette qui y fut présent pendant 7 ans, de 1893 à 1901; de Armand Marois qui précéda le dernier des cardeurs du moulin de Saint-Jérôme: Roland Corbeil.

LE DERNIER CARDEUR

De 1943 à 1955, pendant plus de 10 ans, Roland Corbeil a exercé le métier de cardeur.

Jeune homme de 25 ans, il apprit le métier, acheta le vieux moulin de Saint-Jérôme et l’équipa en plus des cardes du vieux moulin de New-Glasgow. Monsieur Brissette un ancien cardeur lui aida à installer les cardes et lui montra les bases du métier. Sur le toit du moulin, on voyait une grande affiche où il était écrit:" Moulin à cardes, Saint-Jérôme" .

Les cultivateurs qui élevaient des moutons lui apportèrent bientôt leur laine. Il recevait de la laine venant de Sainte-Agathe, Val-David, Val-Morin, il en venait de Sainte-Julienne, de Saint-Lin, de Sainte-Thérèse, Saint-Eustache, Sainte-Scholastique, de Fasset et Montebello, il en recevait même par train qui venait d’Abitibi. Quand elle arrivait au moulin, la laine de mouton était emballée le plus souvent dans des couvertures attachées en forme de poche. Ces poches étaient identifiées et étiquetées avec le nom et l’adresse de leur propriétaire. Une fois la laine cardée, elle était remise dans la même poche, pesée sur une balance vérifiée par le gouvernement et le coût était inscrit sur l’étiquette à 0.15$ la livre. Les gens laissaient souvent leur laine au moulin et repassaient la prendre 15 jours plus tard. Par contre, certains arrivaient tôt le matin et attendaient sur place; ils apportaient même leur pique-nique et regardaient travailler le cardeur. Une bonne année pouvait compter le passage de 1,100 à 1,200 personnes. Cette laine était utilisée pour la petite industrie familiale car les femmes des cultivateurs filaient la laine au rouet, la tricotaient et la tissaient.

Roland Corbeil pouvait carder 100 livres de laine en 8 heures. Les cultivateurs amenaient en moyenne de 20 à 35 livres de laine. De petits éleveurs en apportaient quelques fois de 7 à 8 livres. Il n’était pas question de faire crédit et le cardeur acceptait de se faire payer avec des produits de la terre ou avec de la viande. Les déchets de laine ramassés au balai-brosse sous les cardes à la fin de la journée étaient récupérés par les cultivateurs qui les utilisaient pour remplir des coussins ou des sièges de boggey ou encore un collier de cheval.

En 1955, Roland Corbeil a cessé de carder. Il ne pouvait plus soutenir la concurrence des grosses manufactures de textile qui allaient jusque dans les rangs pour ramasser la laine et la cardaient à un tarif beaucoup plus bas que le sien; d’autant plus qu’on assistait à la lente mais certaine disparition du filage domestique; finalement la détérioration inattendue de la turbine du moulin par la crue des eaux donna le coup de grâce à son exploitation. Monsieur Corbeil donna donc priorité au commerce de meubles qu’il avait développé parallèlement à celui de cardeur et Saint-Jérôme se mit à apprécier "Les ameublements Corbeil" en oubliant le vieux moulin à carder sur le bord de la rivière du Nord.

DÉMARCHES DE LA SOCIÉTÉ D’HISTOIRE DE LA RIVIÈRE-DU-NORD:

En 1985, la Société d’histoire de la Rivière-du-Nord mit de l’avant un projet voulant créer un site historique sur l’emplacement du vieux moulin à carder, au 236 rue Labelle. Ce désir de souligner les débuts de l’industrie du textile à Saint-Jérôme se justifiait amplement par le fait que ce type de moulin avait été présent au même endroit depuis 1829, avant même la fondation de Saint-Jérôme, et par le fait que le moulin en pierre encore debout sur le site datait de 1847 et possédait encore sa machinerie d’origine. Sans compter que cette industrie au cours des années était devenue un des moteurs économiques de Saint-Jérôme en donnant du travail au tiers de la population de la ville pendant plus de 70 ans sous l’impulsion de la Compagnie Regent Knitting qui, en fait, s’était installée en 1916 presqu’en face de ce site, de l’autre côté de la rivière du Nord, profitant du même pouvoir d’eau que le moulin à carder.

Avec la collaboration du ministère des Affaires culturelles, de la municipalité de Saint-Jérôme et des propriétaires du moulin, la société d’histoire a donc tenté de donner un second souffle au moulin à carder de Saint-Jérôme. Le ministère des Affaires culturelles répondit à la demande de classement d’un bien culturel en accordant une subvention destinée à la recherche sur le bâtiment; quant à la ville, elle étudia la possibilité d’intégrer le projet au programme Revi-Centre. Les propriétaires, de leur côté, étaient tout à fait consentants à la restauration du moulin et à sa transformation en site historique et touristique. Tous les espoirs étaient permis.

Cependant les résultats de la recherche sur le bâtiment soulignèrent les profondes transformations qu’avait subi le moulin pendant les dernières années et considérèrent que plusieurs éléments essentiels de l’architecture des moulins à eau avaient disparu. Par contre, l’ancienneté des pièces de machinerie, piqueur, cardeuses, presse à étoffe et autres, à l’intérieur du moulin, souleva un grand intérêt. Le ministère des Affaires culturelles recommanda donc de réaliser dans le plus bref délai une étude sur ces machines et leur mode de fonctionnement et de procéder à une enquête ethnologique auprès de monsieur Roland Corbeil.

L’enquête ethnologique fut réalisée, mais il fut impossible de réaliser l’étude sur les anciennes pièces de machinerie car à la suite d’un malheureux incident, soit l’effondrement du plancher, les pièces de machinerie furent enterrées et devinrent difficilement accessibles.

Après deux années de démarches, ce projet de conservation d’un site important de notre patrimoine culturel prenait fin en laissant toutefois une porte ouverte; dans une lettre datée de décembre 1987, le ministère des Affaires culturelles par la voix de son analyste en architecture assurait sa collaboration si de nouveaux développements permettaient de réaliser une telle étude.

Pendant l’été 2000, ayant pris connaissance d’un projet de démolition concernant le vieux moulin à carder, la société d’histoire a tenté d’intervenir afin qu’on en retarde l’exécution car il aurait été intéressant que le potentiel patrimonial du site soit réévalué; ce qui c’est avéré impossible.

Propriétaire des lieux depuis le 6 septembre 2000, la ville de Saint-Jérôme procéda à la démolition des bâtisses occupant les lots voisins du moulin à carder ainsi que la partie supérieure du moulin lui-même, laissant sous terre la partie dont les alentours avaient déjà été comblés il y a quelques années. On remblaya le tout à la hauteur de la rue, réalisant ainsi un vaste terrain dont l’utilisation appuiera éventuellement la revitalisation du centre-ville.

SE SOUVENIR

Quand les murs s’écroulent et qu’on ne peut plus revenir en arrière, ce qui importe ce sont les personnes qui ont vécu dans ces maisons ou qui gravitaient autour de ces édifices, ce sont les espoirs et les projets qui circulaient dans ces lieux, les événements qui se jouaient à l’intérieur des murs de pierre, la vie qui transformait l’environnement selon ses besoins et ses rêves. Les anciens ont façonné notre région de cette façon-là.

En 1829, les seigneurs désiraient construire "un moulin à carder et à filer ainsi qu’un foulon"; en 1847, Édesse Côté transforme le moulin à carder en lui donnant des murs de pierre; vers 1850, Godefroy Laviolette, poursuivant les objectifs d’industrialisation de son grand-père le seigneur Dumont, fait fonctionner une fabrique de tweed sur les bords de la rivière en complément du moulin à carder. Quelques 65 ans plus tard, en 1916, une importante usine de textile, la compagnie Regent Knitting vient s’installer à Saint-Jérôme profitant elle aussi de la même dénivellation de la rivière, à partir du pont de la rue Castonguay, pour y puiser l’énergie hydraulique nécessaire à son fonctionnement. Et voici que toute une population gagne sa vie par l’industrie du textile et qu’elle y est tellement attachée qu’elle ne veut pas la laisser mourir; en 1974 elle essaie d’en faire une coopérative qui prendra le nom de Tricofil et qui après une courte jeunesse disparaîtra tout comme l’usine qui l’abritait.

Alors, même si le vieux moulin à carder est enseveli au bord de la rivière, souvenons-nous de ces travailleurs du textile et de leur contribution au progrès de notre communauté.

par Ghislaine Demers Flibotte

et Annie Gingras

Documentation: Fonds 40, Société d’histoire de la Rivière-du-Nord


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