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LA MAISON BLANCHE DE SAINT-JÉRÔME Le texte suivant présente l’histoire de "La Maison Blanche", devenue un élément indissociable du paysage jérômien. Cette maison qui existait déjà avant le parc Labelle, avant le vieux Palais, et même avant la cathédrale fut moderne et opulente en son temps. Elle a d’abord abrité de brillants politiciens puis elle a adopté diverses vocations communautaires.
Plan du texte 1= Construction de la maison- p.22= Architecture de la maison- p.2 3= Valeur patrimoniale: histoire politique- p.3-4-5
6= Sources consultées- p.9 1= CONSTRUCTION Cette maison fut construite en 1891 par Wilfrid Prévost. "Le 1er septembre 1890 il acquiert le terrain situé au coin des rues Saint-Jérôme et Sainte-Julie (Labelle et Parent), de Charles-Édouard de Montigny, fils de Casimir de Montigny un de nos premiers colonisateurs. Ce terrain possède déjà des bâtiments; mais c’est vraisemblablement un an plus tard, en 1891, que Wilfrid Prévost entreprend d’y faire construire la maison que nous connaissons aujourd’hui."9 2= ARCHITECTURE La Maison Blanche de Saint-Jérôme représente un des rares bâtiments authentiques de style néo-Queen Anne au Québec. Ces bâtiments, construits de 1875 à 1910 environ, se caractérisent par divers éléments architecturaux, notamment des tours circulaires, de grandes galeries sur un ou deux côtés et des porches qui font saillie sur le bâtiment. On y utilise simultanément la planche horizontale et le bardeau de bois. La caractéristique la plus courante du style néo-Queen Anne reste le plan asymétrique du bâtiment, auquel correspond un toit de forme irrégulière. Les pignons se terminent habituellement par un fronton triangulaire 2. 3= VALEUR PATRIMONIALE "HISTOIRE POLITIQUE"
En remontant la chaîne des titres du terrain sur lequel la maison est construite, on rencontre en 1838, le notaire André Bouchard-Lavallée qui obtient cette concession du seigneur Dumont avec "une maison, une écurie et autres bâtisses dessus érigées".8 Le notaire Lavallée fut l’un des principaux organisateurs des patriotes à Saint-Jérôme. Fait prisonnier après les troubles de 1837, il demeura quatre mois interné. Après sa libération obtenue le 11 mai 1838 grâce à l’intervention d’un cousin notaire influent, Frédéric-Eugène Globensky de Saint-Eustache, il s’installe à Saint-Jérôme sur la concession qu’il obtient le 26 août 1838. Il y exerce sa profession de notaire rédigeant les premiers contrats de concession pour les terrains du " Village de Dumontville" en la Paroisse de Saint-Jérôme. En 1839, il épouse Julie Testard de Montigny et demeure à Saint-Jérôme jusqu’en 1860. Son travail d’agent des terres de la couronne l’appelle à Sainte-Adèle. Il décède en 1878.7
La Maison Blanche est aussi connue sous le nom de Maison Prévost. Ce nom permet d’évoquer une autre histoire politique alimentée par la rivalité existant entre deux célèbres familles de Saint-Jérôme, les Nantel et les Prévost, associées respectivement au parti conservateur et au parti libéral. Ils ont nourri les chroniques de la vie politique sur le plan local, provincial et fédéral. Plusieurs membres de ces familles ont été maires, directeurs de journaux, députés, ministres et sénateurs. "Ils se sont disputé la prépondérance politique dans le fief régional des Laurentides pendant près d’un siècle".1
Mélasippe Prévost (1817-1887) Melchior Prévost (1819-1897) Jules-Édouard Prévost, dr (1828-1903) Wilfrid Prévost (1832-1898) Qui étaient ces Prévost aujourd’hui figures légendaires de la région? On parle ici des "Lions du Nord", quatre frères originaires de Sainte-Anne-des-Plaines, dont le père Guillaume Prévost, forgeron et propriétaire d’un magasin général, était très engagé politiquement et actif au sein des patriotes et des troubles de 1837-1838. Ces frères se nommaient Mélasippe (1817-1887), Melchior (1819-1897), Jules-Édouard (1828-1903) et Wilfrid (1832-1898). Trois d’entre eux s’installèrent à Saint-Jérôme et en marquèrent fortement le paysage social et politique. L’aîné Mélasippe se fixa à Terrebonne et ne fut pas moins actif que ses frères. "Ils connaîtront la célébrité dans la région des Laurentides et au-delà sous le surnom des "Lions du Nord", appellation étendue à David Marsil de Saint-Eustache, leur ami et allié politique. Une chevelure généreuse, que le temps prolongera dans une barbe de patriarche, donnera à leur tête un port de lion. La force physique se dégageant de leur personne, leur voix puissante dont les échos - certains diront leurs rugissements - feront vibrer les hustings du nord mais, peut-être plus encore leur farouche détermination, leur acharnement, leur courage ou tout simplement ce qu’un historien (Élie Auclair) appela "leur mâle énergie" leur vaudront ce titre de noblesse." 1 Mélasippe prévost (1817-1887) Melchior Prévost (1819-1897) Il fut maire de la ville, créée en 1881, pour le mandat de 1885-1886 à la suite du décès de J.-B. de Villemure. À cette époque à la suite de l’affaire Riel il fut particulièrement actif avec les Lions du Nord dans la lutte acharnée que se livraient les Bleus et les Rouges.1 Il sera aussi commissaire d’école. En tant que conseiller, notaire ou maire, il s’occupa constamment des affaires du village puis de la ville naissante. Sa maison était située tout près de l’endroit occupé aujourd’hui par l’édifice de l’ancien Hôtel de Ville sur la rue Labelle.6 Dr Jules-Édouard Prévost (1828-1903) Il pratiquera la médecine à Saint-Jérôme pendant cinquante ans. Doté d’une nombreuse progéniture qui lui fit honneur "le bon docteur Jules, l’époux, le père, le médecin et l’éducateur populaire, animateur social et culturel, gardait encore de la disponibilité pour le développement de son village et pour l’oeuvre de colonisation du curé Labelle." 1 Secrétaire-trésorier du Conseil de comté, prenant la succession de son frère Melchior, de 1855 à 1903, il sera candidat défait aux élections provinciales contre Adolphe Chapleau en 1878 et contre Alphonse Nantel en 1890. Il fut pendant plusieurs années conseiller municipal, commissaire d’écoles, président de la commission scolaire et marguillier. Ami intime du curé Labelle, il fut un homme très impliqué socialement. Wilfrid Prévost (1832-1898) En 1888, Honoré Mercier, alors premier ministre de la province, le nomme au Conseil Législatif de la province de Québec (1888-1898). Il épouse en seconde noces Honorine Globensky. Il vient résider à Saint-Jérôme en 1891 et continue d’y exercer le droit. C’est lui qui fait construire l’immeuble que nous appelons familièrement la Maison Blanche. À cette époque, c’est une magnifique demeure de style néo-Queen Anne, bâtisse fière et imposante qui convient au statut social de Wilfrid Prévost et à sa fortune. Il la nomme "Villa Regina". Il meurt en 1898 et l’opulente demeure est donnée en héritage à son fils Jean Prévost.
Une nouvelle génération de Prévost continua l’oeuvre des Lions du Nord. Le fils de Wilfrid, Jean Prévost et son cousin Jules-Édouard Prévost, fils du Dr Jules-Édouard continuèrent la lutte de leurs pères pour des idées libérales et l’histoire politique connut d’autres moments "épiques" à Saint-Jérôme. Jean-Benoît-Berchmans Prévost (1870-1915) Les annales politiques ont célébré ses qualités d’orateur et elles gardent en mémoire la célèbre joute oratoire qui l’opposa à Henri Bourassa dont la réputation n’était plus à faire. Cette rencontre eut lieu à Saint-Jérôme, en octobre 1907, en plein air comme c’était l’usage, sur une plate-forme érigée contre l’hôtel du Parc Labelle, emplacement du Vieux-Palais aujourd’hui, devant une foule estimée à 12,000 personnes. Le débat dura quatre heures. Il faut consulter l’excellent livre de Serge Laurin, "Rouge Bleu, la Saga des Prévost et des Nantel" pour en savourer l’atmosphère et les enjeux, éléments sur lesquels on ne peut s’attarder dans le texte présent. Jean Prévost habitera la Maison Blanche avec sa famille pendant dix-sept ans. Voisin de son cousin Jules-Édouard alors propriétaire du journal L’Avenir du Nord, ils élaboreront ensemble plusieurs "stratégies libérales". Ce qui ne les empêchera pas d’avoir des divergences d’opinion importantes sur la fidélité à la ligne de parti en politique. En 1907, il démissionne comme ministre et se sépare du gouvernement au pouvoir. Réélu sans le soutien du parti libéral il demeure député de Terrebonne en siégeant dans l’opposition en même temps que Tellier, Bourassa, Cousineau, Lavergne et Sauvé."Ce tribun hors comparaison, ce maître de la rhétorique, cet orateur adulé des foules et craint comme la peste de ses adversaires, mourait, comble d’ironie, des suites d’un cancer de la langue, âgé à peine de 45 ans." 1 Jules-Édouard Prévost (1871-1943) En 1910 sir Lomer Gouin l’appelle à faire partie du Comité catholique du Conseil de l’Instruction publique de la province de Québec. Il en sera membre jusqu’à la fin de sa vie, la promotion de l’éducation demeurant pour lui une préoccupation particulière; ainsi, il contribuera à l’adoption de la Loi de l’Instruction publique prônant l’instruction gratuite (1942) et localement, il présidera la Commission scolaire de Saint-Jérôme pendant plusieurs années. Après la mort de son cousin Jean Prévost, survenue en 1915, il demeure l’unique chef de file du clan Prévost. Son implication politique arrive à un tournant décisif; il construira de nouvelles alliances avec le parti libéral et Athanase David qui remplace Jean Prévost comme député du comté de Terrebonne à Québec. En 1917, il est appelé par le premier ministre Wilfrid Laurier à se présenter au siège du comté de Terrebonne à Ottawa, laissé vacant par la mort de Gédéon Rochon. Il est élu par acclamation bien que son chef de parti Wilfrid Laurier ait été défait; il siège quelques années dans l’opposition. Il sera député de Terrebonne sans interruption de 1917 à 1930. Les libéraux revenant au pouvoir à Ottawa, en 1921, avec Mackenzie King, il formera avec Athanase David, son homologue au gouvernement provincial, un tandem invincible. Il est nommé sénateur du Parti libéral pour la division des Milles-Isles en 1930. Il décède en 1943. Il avait épousé en 1912 Hermine Smith, fille du Dr Gaston Smith de l’Orignal. Ils eurent dix enfants dont huit survécurent. Très actif localement, il siégea à la Commission scolaire (1910-1938), il appuya la fondation d’une École Normale (1922), il dirigea le comité qui fit ériger une statue au curé Labelle (1924), il contribua au transfert du chef-lieu du district de Terrebonne de Sainte-Scholastique à Saint-Jérôme (1922) et à l’installation de la ligne de chemin de fer du C N R entre Montréal et Saint-Jérôme (1930). Il fut l’un des fondateur de la Conférence Saint-Vincent-de-Paul (1930), participa à l’organisation de la célébration du Centenaire de Saint-Jérôme (1934) et obtint de l’abbé Élie-J. Auclair, la rédaction d’une Histoire de Saint-Jérôme (1934) et d’une Vie du curé Labelle. On le nommera fiduciaire des biens commerciaux des Messieurs de Saint-Sulpice en 1940. Jules-Édouard Prévost, journaliste, demeurait et avait sa place d’affaires
sur le site occupé aujourd’hui par la Caisse Populaire et donc voisin
immédiat de la Maison Blanche. Plus tard il se fit construire une maison plus
grande et plus moderne convenant mieux à sa situation. Cette maison a
malheureusement été démolie, dans les années 1980, pour faire place au
stationnement de la brasserie "Aux deux voiles" qui était devenue sa
voisine. 8
Après avoir fait connaissance avec les "Lions du Nord" et leurs héritiers, revenons à la Maison Blanche et à sa localisation. À l’époque de sa construction, en 1891, elle s’installait dans le voisinage du clan Prévost. Sur le territoire situé entre les rue Saint-Georges et Labelle, à partir du coin de la rue Parent et jusque vers le pont qui traverse la rivière du Nord à la hauteur de la rue Castonguay, on retrouvait les maisons des trois frères Prévost et de certains de leurs enfants. Wilfrid Prévost occupait le coin Labelle-Parent avec la Maison Blanche, le Dr Jules-Édouard Prévost, son voisin sur la rue Labelle, y habitait sa grande maison grise depuis 1848. Il y avait vu grandir ses quatorze enfants dont douze étaient parvenus à l’age adulte, et il y tenait aussi son bureau de médecin (stationnement actuel de la Caisse Populaire et bord de l’eau vis-à-vis). Depuis 1840, la maison de Melchior Prévost ainsi que son étude de notaire se situait sur la rue Labelle non loin du bâtiment du vieil Hôtel de Ville, aujourd’hui. Voisin immédiat de la Maison Blanche sur la rue Parent, là où se situe la Caisse Populaire actuelle, on trouvait à partir de 1899 un commerce nouveau genre, une librairie dirigée par Jules-Édouard, fils du Dr Jules-Édouard, avec au deuxième étage son logis de célibataire. On y trouvait aussi l’imprimerie Prévost et les bureaux du journal L’Avenir du Nord qui lui appartenaient aussi. Un autre fils du vieux docteur, le Dr Henri Prévost, qui prendra à bien des égards la succession de son père, logeait et tenait son bureau sur la rue Labelle face au pont Castonguay. Après le décès de Wilfrid Prévost, en 1898, c’est son fils Jean, avocat et futur député et ministre du comté de Terrebonne, qui habitera la Maison Blanche avec sa famille. La présence du clan Prévost était tellement importante sur cette portion de terrain qu’on avait surnommé le pont de la rue Castonguay le Pont des Prévost en référence à la vieille rivalité politique qui l’opposait à la famille Nantel dont la maison, aujourd’hui la maison funéraire Trudel, était située près d’un autre pont ( aujourd’hui de Martigny) qui fut construit en 1907 après dix années de "chicanes" politiques et qu’on avait surnommé le Pont des Nantel.
Presque tout cet environnement étant disparu, la Maison Blanche, demeure un témoin précieux de cette époque. Elle rappelle l’activité politique fébrile qui animait les politiciens bagarreurs, la polémique menée par les journaux, les luttes oratoires en plein air sur les "hustings", les Bleus et les Rouges, et toute cette énergie mise au service de "la cause" et du "parti" sans compter les développements apportés à la localité de Saint-Jérôme et à la région des Laurentides par ces personnages colorés qu’on risque d’oublier. 4= VALEUR PATRIMONIALE "VOCATION COMMUNAUTAIRE"
L’histoire de la Maison Blanche s’imbrique dans celle de l’Hôtel de ville de Saint Jérôme. Il y a bien longtemps, à l’endroit où s’élève aujourd’hui, sur la rue Labelle, l’ancien Hôtel de Ville on trouvait L’Institut canadien des Artisans de Dumontville, société littéraire et scientifique. Cette société avait acheté, en 1856, la propriété du forgeron Toussaint Trudel et avait aménagé la forge en salle de réunion pour y tenir ses activités.7 Elle la loua pour servir de salle de réunion à la Municipalité du Village de Saint-Jérôme, à la Municipalité de Paroisse et au Conseil du comté de Terrebonne. À titre provisoire, la Cour de circuit y siégea aussi en attendant un édifice plus digne de ses fonctions. Même après la dissolution de la société de l’Institut canadien des artisans de Dumontville en 1863, la salle continua d’être occupée par les mêmes organismes. En 1874, un Palais de Justice pour loger la Cour de circuit est construit sur l’emplacement de cette salle et tous les organismes ci-haut mentionnés s’y transportent.3 Cependant, en 1909, la ville qui commence à prendre de l’importance, se trouve à l’étroit dans ses bureaux. Elle cherche des locaux plus vastes que ceux dont elle dispose dans le Palais de Justice et le Conseil de ville loue pour cinq ans un local situé au 190, rue Saint-Georges.4 En août 1918, le Conseil de ville reçoit une offre de location pour la Maison Blanche qu’on appelait alors Édifice Prévost. La Maison Blanche devenue disponible à la suite du décès de Jean-Prévost (1915), loue déjà trois de ses pièces à l’avocat Charles-Édouard Marchand. La Ville de Saint-Jérôme répond à cette offre et un contrat de location est passé pour cinq ans au prix de 400$ par année et la ville y déménage ses bureaux.8 En février 1922, la maison Blanche est vendue aux enchères au nom de Mme Gabrielle Gagnon, veuve de Jean Prévost. La ville de Saint-Jérôme se porte acquéreur et en devient propriétaire pour le montant de 10,000$. 8 Cette même année le gouvernement du Québec fait de Saint-Jérôme le chef-lieu du district judiciaire de Terrebonne ce qui impliquera la construction d’un nouveau Palais de Justice sur la rue Virginie ( rue du Palais). L’ancien Palais de Justice de la rue Labelle devient libre à partir de l’inauguration du nouveau Palais de Justice en juin 1924. La ville de Saint-Jérôme en devient propriétaire et en fait officiellement son Hôtel de Ville. Elle y installe son administration pour plusieurs années à venir.
La Maison Blanche est libre et des offres d’achat sont proposées. La Compagnie des Chevaliers de Saint-Jérôme, Conseil 1892,5 achète la maison en mai 1924 pour la somme de 10,000$. Elle deviendra lieu de réunion pour la Compagnie et servira à leurs différentes oeuvres et activités. Dans son livre Une ville s’épanouit, Mgr Paul Labelle rapporte, page 253, l’incident suivant qui jette un autre éclairage sur les fonctions qu’on a donné à travers le temps à la Maison Blanche: en 1928, suite à un feu qui détruisit la maison d’une famille de dix enfants, la mère et deux des enfants, 2 ans et 17 ans, périrent dans l’incendie. "Les dépouilles mortelles ont été exposées en chapelle ardente à la salle des Chevaliers de Colomb, située à l’époque à la Maison blanche. Ils se sont montrés bien charitables à l’égard de la famille."
En 1932, une autre étape de son histoire s’amorce pour la Maison Blanche: elle deviendra hospice pour les vieillards et les orphelins. Dès 1930 un comité avait étudié la possibilité de faire venir à Saint-Jérôme une communauté de religieuses pour prendre en charge une telle institution. En 1932, les Soeurs Grises de la Croix, d’Ottawa acceptent de venir à Saint-Jérôme et de bâtir, dans quelques années, au frais de la communauté un hôpital-hospice dont ses religieuses assumeront l’administration.5 Cependant, les besoins sont urgents à Saint-Jérôme et les religieuses consentent à s’installer dès 1932 dans un modeste établissement et de commencer leur oeuvre. C’est ainsi que les Chevaliers de Saint-Jérôme acceptent de louer la Maison Blanche pour 900$ par année et que la Ville de Saint-Jérôme défraie ce montant par un octroi annuel.8 Après trois mois de préparation, l’hospice de Saint-Jérôme accueillait le 3 décembre 1932 ses six premiers pensionnaires. Quatre religieuses s’en occupent : soeur Marie-Sophie, supérieure, soeur Saint-Frédérique, soeur Saint-Hubert et soeur Saint-Mathias. Elles demeureront à la Maison Blanche au service des vieillards et des orphelins pendant quatre ans jusqu’à ce qu’elles fasse construire un édifice mieux adapté à leurs besoins sur la rue Laviolette et connu sous le nom de Centre hospitalier d’Youville. Elles y emménageront au printemps 1936. Cet édifice appartient maintenant au Gouvernement du Québec.5 En 1938, la maison est revendue 12,000$ à Charles-Auguste Lorrain et sa succession la cédera en 1956 au Gouvernement du Québec, pour la somme de 46,000$.8 On y logera L’Unité sanitaire du comté de Terrebonne.
L’Unité sanitaire de Terrebonne avait été inaugurée, à Saint-Jérôme, en 1929 et logeait dans la maison de J.-Arthur Leroux sur la rue du Palais.5 Ces centres sanitaires que le Gouvernement du Québec mettait sur pied à travers la province marquaient un pas de géant dans la lutte contre la maladie. Déjà en 1925, la Ville de Saint-Jérôme avait inauguré son dispensaire anti-tuberculeux mis sur pied pour combattre cette maladie mais aussi les maladies infantiles et diminuer le taux de mortalité des enfants par la mise en marche du programme la "goutte de lait".1 À partir de 1956, le gouvernement du Québec logera L’Unité sanitaire du
comté de Terrebonne dans la Maison Blanche pour plus de vingt ans, jusqu’en
1978.
Centre culturel En 1978, la Cité de Saint-Jérôme acquiert la Maison Blanche pour 105,000$. Elle en fera son Centre culturel pour dix ans et le bureau de la Société d’histoire de la Rivière-du-Nord y sera logé. Le centre culturel déménagera dans un complexe mieux adapté à ses besoins; il s’installera dans l’ancien palais de justice de la rue du Palais devenu La maison de la culture du Vieux-Palais après d’importantes rénovations. On y retrouve la salle de spectacle Antony-Lessard, le Centre d’exposition du vieux-Palais, les ateliers culturels et la bibliothèque municipale. 10
En 1988, la Caisse Populaire Desjardins de Saint-Jérôme élabore des plans d’agrandissement et désire acheter l’espace voisin occupé par la maison Blanche et démolir le vieil immeuble afin d’en utiliser le terrain. François Varin, président de la société d’histoire à l’époque, entreprend une campagne pour la protection de cet immeuble patrimonial. Il fait appel à la population et par suite du désir exprimé par les gens de Saint-Jérôme la maison sera conservée. La Caisse Populaire achète tout de même l’emplacement, après discussion et entente avec la ville, pour la somme de 182,000$.8 La société de la Caisse populaire s’engage à laisser la Maison Blanche debout et la met à la disposition des organismes communautaires intéressés à s’y loger.
Elle sera louée, en 1990, pour une somme symbolique à la Fondation Clara- Bourgeois. Cette fondation, nommée ainsi en l’honneur d’une jérômienne remarquable par son dévouement envers sa communauté et active chez-nous au début du 20è siècle, accueille bientôt deux autres organismes: Le Coffret et Les Serres de Clara. Ces organismes à but non lucratif, parrainent divers projets qui ont comme objectifs l’insertion sociale, la lutte à l’isolement et l’adaptation à la communauté. Ces projets touchent la santé sociale, l’immigration et l’écologie. Pendant presque douze ans la Fondation Clara-Bourgeois assistée de ses nombreux partenaires redonne une âme à la Maison Blanche.11 5= RESTAURATION DU VIEIL ÉDIFICE Cependant, le vieux bâtiment n’est plus en très bon état, la ville de Saint-Jérôme décide d’acheter l’immeuble afin de le restaurer pendant qu’il en est encore temps. Nous sommes en 2002 et la Maison de Wilfrid et Jean Prévost sera restaurée. Après toutes ces années de vie trépidante elle en a bien besoin. Le vieil immeuble a été acquis pour la somme de 75,000$ par la Ville de Saint-Jérôme au mois de juillet. Il subira une importante cure de rajeunissement qui devrait s’étendre sur deux ans bénéficiant de l’aide d’une subvention de 200,000$ accordée par le gouvernement du Québec pour la conservation de bâtiments à caractère patrimonial.8 Nous ne pouvons que nous réjouir de cette initiative qui assure une nouvelle vie à l’un des plus beaux bâtiment d’intérêt historique et patrimonial de la Ville de Saint-Jérôme. En plus de célébrer la valeur de ceux qui ont façonné notre coin de pays, il demeurera au service des citoyens en étant utilisé à des fins culturelles encore à déterminer. Pour la Société d’histoire de la Rivière-du-Nord par Ghislaine Demers Flibotte 6= Sources consultées 1- Rouge, Bleu : la saga des Prévost et des Nantel: chronique d’un siècle d’histoire politique dans la région des Laurentides, Serge Laurin, 1999, Les Presses de l’Université Laval 2- La Maison au Québec: de la colonie française au XXè siècle, 2002, Yves Laframboise, Les Éditions de l’Homme 3- Germaine Cornez, Une ville Naquit, édité par L’Écho du Nord, 1973 4- Germaine Cornez, Une ville Grandit, édité par L’Écho du Nord, 1973 5- Paul Labelle, Une Ville s’épanouit, édité par L’Écho du Nord, 1985 6- Les maires de Saint-Jérôme, Comité de toponymie, 1991 7- Les cahiers d’histoire de la Rivière-du-Nord :
8- Archives Société d’histoire de la Rivière-du-Nord :
9- Journal Le Mirabel, 1983, Fouille dans ta mémoire/ Par la Société d’histoire, Richard Côté 10-Carte Saint-Jérôme/Un circuit du patrimoine, par la Société d’histoire de la Rivière-du-Nord 11-L’Historique de la Fondation Clara-Bourgeois et de ses
organisations, Manon Pelletier, La mémoire du Québec, Jean Cournoyer, 2001, éditions Stanké |
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