|
Biographie de Léopold Nantel (1890-1957)
Fils de l’honorable Wilfrid-Bruno Nantel (ancien ministre du revenu dans le cabinet Borden de 1911 à 1914) et de Georgiana Gauthier, Léopold Nantel est né le 8 septembre en 1890 à Saint-Jérôme. Il commença ses études classiques au Séminaire de Sainte-Thérèse et les poursuivit chez les Jésuites aux collèges Sainte-Marie et Loyola. Il fit ses études de droit à l’université McGill et à l’université Laval de Montréal et fut admis au Barreau en 1917. L’année suivante, il épousa Yvonne Fournier à la cathédrale de Montréal. Il débuta dans l’exercice de sa profession à Saint-Jérôme même, sous la raison sociale de Deguire, Nantel & Deguire, puis il continua seul jusqu’à la fin de sa vie. Après la mort de son père (1940), il occupa le bureau de ce dernier, dans sa vieille résidence de la rue Labelle, face à l’avenue du Palais (aujourd’hui Maison funéraire Trudel). Avant d’accéder à la mairie, Me Léopold Nantel fut échevin de la ville de Saint Jérôme comme l’ont été avant lui son père et ses deux grand-pères, Guillaume Nantel et William Gauthier. Il fut échevin pour une première fois en 1922-23, puis ensuite de 1925 jusqu’à 1929. Entre-temps, continuant la tradition familiale de militantisme conservateur, il s’était porté candidat au fédéral pour le comté de Terrebonne (1925, 1926) contre Jules-Édouard Prévost, libéral, et il avait été défait. En 1931, il assumera la vice-présidence de l’Association conservatrice du comté de Terrebonne. En plus de ses activités politiques Léopold Nantel s’intéressa à l’aviculture et il devint en 1921 le premier président de la Société avicole qui regroupa dans ses rangs les comté de Terrebonne et de Laval. Des expositions ouvertes à tous les éleveurs d’oiseaux de la région furent tenues à Saint-Jérôme et remportèrent de beaux succès. Échevin de la ville pendant plusieurs années, il fut maire de Saint-Jérôme une première fois de 1929 à 1931. C’est pendant ce mandat que fut construit, sur l’emplacement de la bâtisse du Marché (aujourd’hui emplacement de la "Cage aux sports"), le nouveau poste de police et des pompiers (1929) et c’est aussi pendant ce mandat qu’un nouveau pont sera érigé vis-à-vis de la rue Castonguay (1930) en remplacement du vieux pont de fer qui datait de 1884. C’est aussi sur demande expresse de M. le maire Nantel, que la Ville obtiendra, en 1930, le statut de "Cité". Ancien élève du Collège des Frères des Écoles Chrétiennes, il fut le premier président de l’Amicale des Anciens élèves du Collège fondée en 1929 à l’occasion du premier conventum du Collège dont il fut l’un des organisateurs. Son mandat de maire terminé, en 1931, il continua quand même à suivre de près la politique municipale. Cependant, en 1935, il tente une autre fois sa chance sur la scène fédérale et subit la défaite aux mains des libéraux de Terrebonne. Il ne s’engagera pas dans l’aventure politique sur la scène provinciale aux côtés de l’Union Nationale malgré les succès retentissants de Duplessis qui dureront de 1944 jusqu’à sa mort en 1959. Pendant cette période il appuiera plutôt les libéraux provinciaux et dirigera la plus grande partie de son activité politique vers les affaires municipales de Saint-Jérôme. De nouveau porté à la mairie en 1948, Léopold Nantel fera le terme 1948-1952. Sous ce dernier mandat la bibliothèque municipale sera fondée (1949) l’hôpital Hôtel-Dieu de Saint-Jérôme ouvrira ses portes (1950) et l’aréna Melançon sera construit (1951). Après une brève retraite, en 1957, Me Léopold Nantel est décédé à l’âge de 66ans. Sources: "Les maires de Saint-Jérôme", Comité de toponymie de Saint-Jérôme, 1991 "Rouge , Bleu / La saga des Prévost et
des Nantel", Serge Laurin, 1999 Conférence de Léopold Nantel
- 1951 Maire de Saint-Jérôme à deux reprises et politicien engagé, Léopold Nantel témoin privilégié de l’évolution de sa ville et de sa région nous offre, par le biais d’une conférence donnée à Saint-Jérôme en 1951, un aperçu de cinquante ans d’histoire. Ce soir pour accomplir une promesse faite devant les membres du club Richelieu qui ne transigent pas avec l'honneur, j'essayerai durant les quelques instants mis à ma disposition, de vous relater les principaux événements qui se passent sur la scène Jérômienne depuis l’année 1900 jusqu’à notre époque contemporaine. L'entreprise est grande, la tâche difficile, je vous l'avoue en toute sincérité, cependant comptant sur votre indulgence, je tâcherai de vous faire faire ce voyage le plus agréablement possible. Ce sera donc 50 ans d'histoire moderne de Saint-Jérôme, que vous vivrez en très peu de temps. Car, l'histoire a ceci de prodigieux, elle peut condenser en quelques lignes la vie d'un peuple plus que centenaire. L’année 1900 marque dans l’histoire paroissiale de chez nous, la disparition de la vieille église du parc Labelle et l’ouverture au culte de la nouvelle église, le 22 janvier de cette même année, avec l’abbé Louis Joseph Tellier Lafortune comme curé-successeur de Mgr Labelle depuis 1891. Saint-Jérôme, ville depuis 1881 avait en 1900 une population de 3,678 âmes, un nouveau presbytère depuis 1895 et une nouvelle église respectivement devenue évêché et Cathédrale en 1951. Un collège commercial dirigé par les Frères des Ecoles chrétiennes (emplacement du Palais de Justice rue Laviolette), un couvent sous la direction des Soeurs de Ste-Anne (emplacement du CEGEP rue du Palais), un jardin de l’enfance et un hospice pour vieillards sous le patronage des Soeurs Grises, (aujourd’hui emplacement du pavillon du CEGEP rue Fournier), lequel hospice fut rasé de fond en comble par un incendie désastreux le 25 novembre 1911 causant une perte très lourde aux citoyens de Saint-Jérôme. Au nombre des industries importantes de cette époque, il y avait la manufacture Rolland, la scierie Villeneuve & Pépin, la manufacture de cigares Smith & Fischel. Comme moyen de communication de Saint-Jérôme à Montréal le chemin de fer Canadien Pacifique et la voiture hippomobile, et le trajet par ce moyen de communication prenait environ 5 heures.
Le Conseil Municipal d'alors se composait des personnages suivant: M. Jean Baptiste Rolland maire, Henri Prévost médecin, Charles Elie Laflamme marchand épicier, Narcisse Bélanger industriel, Narcisse Bélisle plombier, Sévère Laviolette marchand, Wilfrid Bruno Nantel avocat, Joseph Leclerc voiturier, Joseph Filion propriétaire d'un moulin à scie, Édouard Marchand greffier. A cette époque de colonisation intense et surtout du fait du nouveau temple, dans le royaume du curé Labelle le roi du Nord, les citoyens du temps espéraient le jour où Saint-Jérôme deviendrait diocèse des paroisses environnantes. L'avenir ne devait leur donner raison qu'en l'année 1951. Lors de la bénédiction de la pierre angulaire par l'Archevêque de Montréal Mgr. Bruchésie en septembre 1897 le journal " La Presse" rapportait ce qui suit:" Le nouveau temple lorsqu'il sera terminé, disait ce compte rendu, sera l'un des plus grands et des plus beaux que nous ayons au Canada". L’on sait que les habitants de saint-Jérôme lorsqu’il était question de diviser le diocèse de Montréal au temps du Curé Labelle ont entretenu l’espoir d’avoir le nouvel évêque dans leur ville. L'église qu'ils construisent et le presbytère construit l'année suivante donnerait à croire qu'ils n'ont pas cessé d'espérer, car le nouveau temple est assez vaste pour devenir Cathédrale et la maison curiale assez spacieuse, pour servir de palais épiscopal. Le Journal local L'Avenir du Nord disait à son tour: "par son style et son architecture comme par l'agréable variété de ses teintes, qu'il s'agisse des murs ou de l'encadrement, notre futur temple de Dieu est vraiment digne me semble-t-il dans son harmonieux ensemble des rêves naguère caressés par notre cher curé Labelle". Lors de cette grande fête de la bénédiction, l'abbé de la Durantaye vicaire à Ste-Cunégonde de Montréal, futur curé de Saint-Jérôme accompagnait l'évêque et prononça avec éloquence le sermon de circonstance; c'était donc au début de ce siècle l’événement de première importance. Avant de poursuivre plus avant notre tour d'histoire dans les âges subséquents permettez-moi de vous faire connaître les principales familles d'alors; leurs occupations et leurs distractions et ceci pour vous permettre de suivre avec plus d'intérêt l'évolution qui s'est faite, depuis ces temps anciens, jusqu'à aujourd'hui. La vie de famille jouait alors un rôle de premier plan, on y trouvait au foyer familial des distractions variées et nombreuses, de nature à développer le sens moral, éducationnel et intellectuel tels que dîners de famille, lectures en commun, parties de cartes, de dames, de parchési, soirées dansantes, excursions en raquettes, partie de toboggan, tours de carriole ou de traîne à bâton ou bob-sleigh l'hiver; l'été pique-niques sur les fermes environnantes, randonnées en grande voiture, partie de tennis, tour de chaloupe sur la coquette rivière du nord, promenades en boghei et excursions en groupe aux chutes Wilson, à St.Canut ou ailleurs. Parmi les distractions populaires il y avait le patinage, au début de l'hiver sur la rivière du Nord et durant la saison, courses de chevaux sur la glace. Le public envahissait les abords de la rivière pour assister à ce spectacle. Le cinéma n'existait pas, ni les grills, ni les salles publiques et cependant on s'amusait ferme. C'était le bon vieux temps qui hélas est disparu pour faire place à des attractions plus modernes. La politique a toujours intéressé le peuple Canadien et pour aussi les Jérômiens de jadis; c’était un sport quasi national et chaque famille était franchement enrôlée dans l’un ou l’autre des groupes bleu ou rouge et se livraient des luttes acerbes en toutes occasions et dans tous les domaines de la vie publique pour ne fraterniser finalement que sur le terrain religieux. Le commerce vers 1900 était exclusivement entre les mains des Canadiens-Francais tels que Eusèbe Gibeault, Pierre Simard, Sévère Laviolette, Bruno Beaulieu, Rodrlgue Castonguay, J. M. Richard , Delphis Guay, Samuel Thibodeau, Louis Labelle, Charles Élie Laflamme, Dassise de Villemure. La médecine exercée par les docteurs Jules et Henri Prévost, Ludger Labelle, Philias Vanier, Denis Berthiaume, Pierre Marleau. Le droit par les Honorables Bruno Nantel et Jean Prévost, Mtres Camille de Martigny, Charles E. Rochon, Nelson Léonard, Gédéon Rochon. Le Notariat par Mtres.P.F.& Petit, J.E. Parent, Albéric Sigouin. Les Barbiers: MM Félix Richard, Jos. Bessette et Albert Brisebois. Dans ce temps lointain, les licences d'hôtel n'étaient pas octroyées par le gouvernement Provicial mais bien par le conseil Municipal, aussi nos conseillers étaient généreux dans la distribution de ces permis puisque l'on comptait 9 hôtels que voici: Louis Beaulieu, Chevrier, Jos. Poulin, Oscar Richer, Campeau, Louis Corbeil, Jolin, Nelson Arbic, Jos. Desblens. La boulangerie exploitée par MM Mélasipe Guénette, Hector Labelle, Jos. Lafleur, Julien Lapointe, Honorias Giraldeau.
La cordonnerie par MM Alexis Galipeau, Jos. Desforges, Joseph Therrien. Le transport des voyageurs par les chartiers de grandes réputation et qui possédaient des chevaux de grande allure: MM Benjamin Gougeon, Moïse Piché, Israel Giroux, Louis Piché. La forge alors en vogue: par MM Élie Labelle, Zoel Goodman, Bernard Molan, Wilfrid Dugas, Jos. Leclerc. Le premier taxi à circuler dans nos rues Jérômiennes vers 1902 appartenait à M Ben Goodman et fut pendant longtemps la terreur de nos fringants chevaux jérômiens. Les boucheries étaient toutes centralisées dans la rue du marché Saint-.Georges et détenues par MM Édouard Clark, Aimé Bisson, Michel Laporte, Jos. Doré, Timothé Rhéaume. Au temps de Pâques dès le vendredi saint, c'était une joie pour la jeunesse de voir circuler par nos rues leurs voitures de livraison enrubannées et fleuries aux couleurs les plus variées; une rivalité prononcée les portait à se procurer les plus beaux équipages et les meilleures décorations. L'ambiance de cette époque déjà lointaine, vous a été suffisamment décrite je crois, pour vous inviter à faire une nouvelle étape de ce voyage de la petite histoire d'un "Pays merveilleux Saint-Jérôme de Terrebonne"; mais avant de l'entreprendre je voudrais noter que la réalisation de certains projets fut le désir tenace des Jérômiens de perpétuer à travers les générations à venir, le souvenir de leur curé Mgr Labelle. Le 2 mars 1891 le Conseil de ville a décrété que la rue nommée Saint-Jérôme ancienne rue Dumont, porterait dorénavant le nom de rue Labelle que nous avons de nos jours, et le 4 mars suivant, le Conseil convoquait à l'assemblée publique les principaux citoyens pour nommer un comité aux fins d'ériger, à la mémoire du curé Labelle, un monument. Projet qui s'est réalisé en 1924. En 1900 on construisit l'aqueduc on fer pour remplacer l'aqueduc en bois de 1876; en 1901 les travaux terminés sont acceptés et le même aqueduc depuis 51 ans fournit à notre population l'eau nécessaire à sa population. Le contrat fut donné à M. Sévère Laviolette et Joseph Lachapelle en janvier 1899 au coût de $ 33,725.00 Saint-Jérôme 1902 est doté d'une nouvelle ligne de chemin de fer. La compagnie du Canadien Nord avec entrepôt de marchandises à l'endroit de l'imprimerie Breton avec usage de la gare du Canadien Pacifique pour ses passagers; la même année, installation d'un système d'alarme électrique au coût de $ 2,745.00 Encore on 1902 les archives nous révèlent que le corps de pompiers à été réorganisé de volontaires qu'il était; on appointe 5 pompiers qui recevront annuellement $ 40.00 par année; le chef Adolphe Labelle recevra $ 1.00 par exercice. Le coût de la vie était donc peu élevé et les deux grandes guerres n'avaient pas encore produit leurs effets désastreux. Notre département de pompier et polices de 1900 à nos jours, a eu comme chefs dans l'ordre chronologique: Hormidas Ratelle, Samuel Filion, Adolphe Labelle, Héliodore Cousineau, M.M.Ducap, Carpentier Ladouceur, Arthur Guyon, Arthur Lesage, et Raoul Latour.
Pour aider à graver dans votre mémoire des dates où les événements qui vont suivre vous seront mentionnés, il est à propos de vous faire la nomenclature des maires qui ont présidé à l’administration civile et les noms des Curés qui ont eu la direction spirituelle de 1900 à 1920. Maires
Curés
Lorsque nous aurons parcouru ce trajet lequel vous sera condensé le plus possible nous continuerons cette nomenclature. Durant l'année 1904, 3 nouveaux ponts ont été construits sur la rivière du Nord: Pont Vanier, Pont Lapointe et Pont Viau qui demeurent encore après un laps de 50 ans. En janvier 1905 la compagnie Boston Brothers tombée en faillite est remplacée par la Commercial Rubber Co. qui plus tard devient la Canadian Commercial et enfin la Dominion Rubber Co.
La même année un comité de citoyens est formé pour s’occuper du projet du parc Labelle; le plan tracé par le Dr. Emmanuel Fournier est accepté et deviendra un peu plus tard une réalisation d'un magnifique parc qui fait actuellement l'orgueil des Jérômiens. En novembre 1905 un important congrès de colonisation a lieu à Saint-Jérôme du 21 au 23 sous les auspices du ministre de la colonisation Jean Prévost ministre de Sir Lomer Gouin. Le jeune ministre était alors âgé de 35 ans. Il est un des personnages les plus en vedette dans notre monde politique. Pour cette occasion Mgr Bruchési a bien voulu accepter la présidence d'honneur de ces grandes assises qui ont attiré dans nos limites des membres du clergé et des politiciens de renoms. Le 24 octobre 1907 eu lieu dans le parc Labelle la célèbre assemblée Bourrassa-Prévost sous la présidence conjointe de Messieurs Wilfrid Bruno Nantel maire et du Dr Emmanuel Fournier; ce fut une des assemblées contradictoires qui a eu de fortes répercussions par toute la Province. L'honorable Jean Prévost, ministre démissionnaire du cabinet Gouin, seul contre ses adversaires de grande renommée a fait une excellente figure et son talent oratoire est demeuré vivant dans le coeur des Jérômiens En 1910 inauguration d'un théâtre animé à Saint-Jérôme dans l’ancien magasin Charles Godmer rue Labelle (côté rivière près du pont Castonguay). En 1911 un avocat de Saint-Jérôme, élu député du Comté de Terrebonne au fédéral, est assermenté comme ministre de la Couronne pour faire partie du cabinet Borden: l’honorable Wilfrid Bruno Nantel . En l9l3 notre système électrique exploité antérieurement par une entreprise privée est municipalisé. En 1915 l'administration municipale est confiée à Me Camille L. de Martigny avocat, père de notre distingué concitoyen Me de Martigny aviseur de la Cité. Nous lui devons le règlement de la régie interne dans notre conseil municipal. En 1917 le barreau du District de Terrebonne perd un de ses membres les plus distingués l'avocat Gédéon Rochon député au Fédéral depuis 1914. Il pratiquait sa profession dans Saint-Jérôme depuis 1902 en société avec son oncle l'honorable Bruno Nantel. En 1919 départ du curé de la Durantaye qui devient vicaire-général à l'évêché de Montréal. Sa longue administration curiale a été particulièrement heureuse à Saint-Jérôme. La population de notre ville de 3,672 est montée en 1920 à 5,510. De 1920 à 1950 l'administration civile a été confiée au maires suivants:
À venir jusqu’en 1921 nos rues en printemps et en automne étaient dans un état impraticable et sous l’administration de J. A. Legault maire, grâce à un octroi du Gouvernement Provincial, les deux principales rues Labelle et Saint-Georges ont été couvertes d’asphalte. En 1924 le 11 juin eut lieu l'inauguration du palais de Justice et Saint-Jérôme (Maison de la culture du Vieux-Palais) devenait alors officiellement le chef lieu du district de Terrebonne. A cette occasion, le premier ministre de la Province de Québec, l'honorable Athanase David secrétaire de la province, l'honorable juge Martin, Robidou, et Thibodeau Rinfret, Philémon Cousineau ont participé à cette fête mémorable. En 1923 ouverture de l'école Normale (emplacement CEGEP rue du Palais) et en 24 et 25 notre église sous la direction du curé J.A.M. Brosseau a subi d'importants travaux de rénovation, nouveau clocher, toiture, vitraux, carillon, avec magnifique portail à l'extérieur. En 1928 Saint-Jérôme avait l'honneur de recevoir le Gouverneur général du Canada "Lord Byng de Vimy" puis de 1925 à 1928 le drame de la Passion organisé par l'abbé Éthier fut l'événement le plus important d'alors. Ces représentations données dans l’aréna St-Onge (autrefois sur la rue Parent, construit en 1923) et subséquemment dans celui bâti en arrière de l'église a attiré dans nos limites des foules considérables venant de tous les coins de la Province et même des Etats-Unis.
L'année 1929 fut pour Saint-Jérôme une ère de prospérité et de progrès intense. La construction surtout tenait le haut pavé; un nouveau pont en béton fut construit dans l'avenue Castonguay, un poste de pompiers et polices a remplacé le vieux marché d'antan (emplacement "Cage aux sports") ; les soeurs de Ste-Anne inauguraient leur nouveau couvent (emplacement CEGEP rue Fournier) ; la compagnie Dominion Rubber faisait un agrandissement considérable et un grand nombre de maisons d'habitation furent construites. Le commerce était florissant et les industries marchaient à pleine capacité. La population est montée à 10,000 âmes. L'année suivante les Soeurs du Bon-Conseil font leur arrivée et ouvrent un foyer pour jeunes filles, un artisanat, et un jardin de l'enfance (emplacement Place Leclerc). En 1932 un nouvel hospice pour orphelins et vieillards est construit sur les bords de la rivière du Nord (Hôpital Youville). En 1934 la ville de Saint-Jérôme célèbre son centenaire. Des fêtes magnifiques sont organisées et des foules considérables assistent aux diverses attractions lesquelles sont clôturées par un grand banquet populaire où tous les anciens qui n'étaient pas revenus à Saint-Jérôme depuis plusieurs années se sont rencontrés pour se réjouir de leur retour au pays natal et revivre les jours heureux de leur enfance. De 1939 à 1945 durant la deuxième grande guerre Saint-Jérôme a vu ses manufactures opérer jour et nuit à plein rendement. Des familles nombreuses sont venues s'y établir au point que la ville de Saint-Jérôme en 1950 détient une population de 22,000 âmes. Nous sommes au terme de notre voyage et en jetant les yeux sur le passé pour le comparer avec le présent nous constatons que notre cité a progressé considérablement; que de grands changements se sont opérés dans tous les domaines au point de vue religieux, commercial et industriel. Saint-Jérôme d'humble village qu'il était est devenu une grande cité qui n'a rien à envier aux autres villes qui l'environnent. Elle offre à tous ses concitoyens de grands avantages que l'on ne peux peut trouver ailleurs. Un site enchanteur, des édifices modernes, des temples magnifiques, des écoles et des institutions religieuses en grand nombre, des industries florissantes et des maisons d'attractions de premier choix. C'est donc avec raison que nous pouvons dire que Saint-Jérôme de Terrebonne est un "PAYS VRAIMENT MERVEILLEUX." C'est "NOTRE PATRIE" et nous pouvons dire avec Bossuet : "Tout l'amour qu’on a pour soi-même, pour sa famille et pour ses amis, se réunit dans l'amour qu'on a pour sa patrie, où notre bonheur et celui de nos familles et de nos amis est renfermé." Léopold Nantel 27 novembre 1951 Archives de la Société d’histoire de la Rivière-du-Nord |
Vous avez des questions ou commentaires? Avant de nous écrire, consultez la page des FAQ