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EN PASSANT PAR LA MAISON BLANCHE DE SAINT-JÉRÔME UNE EXPRESSION D'AMITIÉ Voici une lettre tirée de nos archives. Elle présente la manifestation chaleureuse et spontanée de liens d'amitié, l'expression de la fierté de son coin de pays et le sens de la continuité. Les jeunes hommes impliqués dans cette communication sont dans le milieu de
la trentaine. L'auteur de la lettre est protonotaire, poète et journaliste, il
est le père de Germaine Guèvremont, future auteure du "Survenant",
oeuvre que nous verrons bientôt sur nos écrans; le destinataire de la lettre
est directeur d'un journal et deviendra député et sénateur ; celui dont on
parle dans la lettre était député à trente ans ; il habite à cette époque
l'édifice qu'on appelle aujourd'hui la "Maison Blanche" et il
donnera, avec d'autres célébrités de sa famille, son nom à la ville et au
comté de Prévost. Ste-Scholastique, 5 juillet 1905 Mon cher Jules-Édouard,* ne connaissant pas votre organisation et dans l'impossibilité où je suis de prendre part à la démonstration triomphale que Saint-Jérôme prépare à si juste titre, à notre Honorable ami, Jean B.B. Prévost, le nouveau ministre, veux-tu me faire la faveur de lui transmettre mes félicitations toutes personnelles. Ce n'est pas quand il existe, outre l'amitié, des affinités de pensée philosophique comme entre Jean et moi, qu'on peut craindre d'être malvenu à offrir ses congratulations en pareil jour; non plus quand on a la même estime du travail persévérant si dignement couronné ; pas davantage quand on a le même amour de Saint-Jérôme, la métropole du Nord, si honorée dans le choix du nouveau titulaire ; mais, c'est à franches poignées de mains qu'on les offre ces félicitations, lorsqu'on salue dans le nouveau ministre, le plus haut protecteur des colons, l'héritier en droite ligne du Curé Labelle, et, alors oh, alors, je m'emballe, je saute, d'inspiration, sur mon instrument fêlé : la rime, et je psalmodie, en improvisant :
* Il s'agit de Jules-Édouard Prévost LES ORIGINES DU CHSLD D'YOUVILLE Le manque de place dans les Centres d'hébergement de soins de longue durée
se fait cruellement sentir aujourd'hui. Autrefois on faisait appel aux
communautés religieuses pour prendre en main ces maisons de soins qu'on
appelait hospices, où malades, vieillards, orphelins et indigents étaient
accueillis ensembles. Voici, raconté par Mgr Paul Labelle l'état d'esprit qui
régnait à Saint-Jérôme à ce sujet en 1930. UN HOSPICE POUR LES VIEILLARDS Déjà en novembre 1930 un comité avait été formé en vue d'étudier la possibilité d'avoir, dans Saint- Jérôme, un hospice-hôpital. Les premières démarches avaient été faites auprès des Religieuses Franciscaines de Marie, à la Baie Saint-Paul, mais il semble que les conditions exigées par la communauté n'étaient pas acceptables. Une lueur d'espérance a lui quand, du haut de la chaire, M. le curé Geoffrion a laissé entendre que nous pourrions peut-être obtenir les Soeurs Grises de Montréal. Elles avaient été ici, déjà, de 1888 à 1911. Elles avaient dirigé un hospice-orphelinat sur la rue Fournier (emplacement du CEGEP) jusqu'au jour où un malheureux incendie détruisit leur établissement... Elles reviendront peut-être, Mère Piché, supérieure générale de la communauté, vient de le laisser entendre. La part de la Ville Le Conseil de Ville a donné suite aux demandes du comité de l'hôpital, et il consent dès le 1er décembre 1930 à faire don, à la communauté qui viendra, du terrain de l'Exposition (rue Melançon) que la Ville avait acquis en 1927. C'est un terrain d'une valeur de $25,000 et, de plus, la Ville accordera un montant en argent de $25,000. Le Comité a l'assurance, aussi, que le Gouvernement du Québec, par l'entremise de l'honorable Athanase David, versera une somme de $250,000. Des plans sont même établis, et la bâtisse coûtera environ $450,000. Le vent change Entre temps nous apprenons que les Soeurs Grises de Montréal ne viendront pas à Saint-Jérôme pour reprendre l'oeuvre qu'elles avaient abandonnée en 1911. Mais, et c'est là une heureuse nou velle, en janvier de l'année 1932 nous apprenons que ce sont les Soeurs Grises de la Croix, d'Ottawa, qui assureront à Saint-Jérôme un hospice-hôpital. Mère Saint-Bruno, supérieure générale, accepte de bâtir aux frais de la communauté un hôpital dont ses religieuses assumeront l'administration. Evidemment, en ce temps de crise économique, les conditions ne sont pas très favorables. Il vaudrait mieux, pense-t-on, retarder la construction du dit hôpital. Pourtant, la population est en attente, nos vieillards surtout attendent un refuge. C'est cette dernière considération qui a fait prendre au comité et aux religieuses d'Ottawa une sage décision. Les Soeurs Grises de la Croix s'installeront à Saint-Jérôme dès cette année, ne serait-ce que dans un modeste établissement. Pourvu que les Soeurs aient un pied-à-terre, qu'elles aient un embryon d'oeuvre. Quand le temps sera venu, et que les conditions auront changé, elles bâtiront l'établissement rêvé. LA MAISON BLANCHE L'embryon sera établi dans l'ancienne maison de Jean Prévost, au coin des rues Labelle et Parent. C'est la maison, comme nous le savons, qui a été habitée par Wilfrid Prévost, puis ensuite par son fils Jean. Elle était passée entre les mains de la Ville de Saint-Jérôme autour de 1920, et elle avait été vendue en 1925 aux Chevaliers de Colomb, Conseil 1892. Les Chevaliers de Colomb acceptent donc de louer la bâtisse pour la modique somme de $900 par année. La Ville de Saint-Jérôme consent un octroi annuel, et le Gouvernement provincial accorde, lui aussi, un octroi de $1,200 et reconnaît, de plus, l'hospice de Saint-Jérôme comme une "institution d'assistance publique". Les religieuses arrivent Dès le 8 septembre 1932 trois religieuses arrivent à Saint-Jérôme. Les Soeurs de Sainte-Anne les reçoivent à leur Pensionnat des SS. Anges et elles y demeureront jusqu'au jour où "l'hospice" sera prêt à accueillir ses premiers vieillards. La maison de la rue Labelle sera prête dès le 21 novembre. Ce jour-là,
c'est la fête de la Présentation de Marie, et les religieuses se réjouissent
de cette coïncidence. Elles voient aux derniers préparatifs, et le 30 novembre
tout est prêt : M. le curé Geoffrion procède à la bénédiction de
l'hospice- orphelinat et célèbre, le lendemain, la première messe dans cet
établissement. L'hospice de Saint-Jérôme est plutôt modeste. Les grandes oeuvres, d'ailleurs, ont toujours commencé dans la simplicité. Tout est propre, et les religieuses s'accommodent bien des conditions de logement. Elles sont heureuses. Les vieillards et les orphelins aussi. Et ça durera comme cela durant quatre années, c'est-à-dire jusqu'au jour où les Soeurs Grises de la Croix pourront construire ailleurs, rue Laviolette, une maison plus vaste et plus adaptée à leur clientèle qui sera connue sous le nom de Foyer d'Youville*. Mgr Paul Labelle * Elles y emménageront au printemps 1936. La maison JeanPrévost (Maison Blanche): une maison du patrimoine à
conserver
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