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Centrale hydroélectrique et aqueduc de la Ville de Saint-Jérôme


En 1871, la population du village de Saint-Jérôme compte près de 1 200 personnes. Le dernier quart du XIXe siècle sera une période de développement pour les services aux citoyens. On verra, entre autres, l’apparition de l’aqueduc, du téléphone et de l’électricité.

SHRN, Collection des objets de musée, OE-031.

La construction de l’aqueduc s’amorce en 1876 à partir d’une source située aux limites du village, au coin de la rue Laviolette et de la montée Meunier (aujourd’hui de La Salette); la source Lecavalier. Les premières conduites sont en bois. Moins de dix ans plus tard cependant, on songe à remplacer les tuyaux par des canalisations en fer pour améliorer la pression et la qualité de l’eau. On souhaite aussi qu’une prise d’eau soit construite dans le secteur des chutes Wilson pour protéger la ville contre le feu et l’éventualité de sécheresse ou de demande importante. Ce n’est toutefois qu’en 1898 que la décision est prise de changer les tuyaux en bois par ceux en fer. Malgré les améliorations, l’aqueduc est régulièrement l’objet de critiques et d’insatisfaction de la part des contribuables.

Usine

En 1924, le conseil d’hygiène provincial demande à la Ville de trouver de nouvelles sources d’eau pour éviter d’utiliser en partie l’eau de la rivière qui est dangereuse pour la santé. La Ville acquiert alors un terrain pour développer la source dite Labelle (aujourd’hui emplacement de l’étang dans le Parc régional de la Rivière-du-Nord). Elle érige aussi un réservoir de béton ainsi qu’une petite usine de filtration à l’intersection de la rue Laviolette et de la montée Meunier. Diverses améliorations s’opèrent au fil des ans, mais les difficultés d’approvisionnement s’accentuent à mesure que la population augmente. Il devient nécessaire en 1963 de construire une nouvelle usine de filtration plus performante. L’eau est puisée aux rapides Maillé alors que la Ville rachète ce pouvoir d’eau à la Gatineau Power.

Dès 1888, certains commerces et maisons privées jouissent de l’éclairage électrique grâce à l’initiative de monsieur Beauchemin, un commerçant de Saint-Jérôme, qui achète une dynamo et fait installer les premiers poteaux électriques. L’année suivante, on pose des lampes pour éclairer les rues du centre de la ville. À partir des années 1895, les bris sont fréquents et les contribuables se plaignent de plus en plus du mauvais service. Des pressions citoyennes encouragent le conseil de la ville à municipaliser l’électricité.

Centrale hydroélectrique municipale

En 1909, une étude est réalisée pour trouver un pouvoir d’eau puissant afin de construire une centrale hydroélectrique municipale. La Ville souhaite faire l’acquisition du pouvoir d’eau situé en haut de la pulperie, mais les Wilson refusent de le vendre. On obtient finalement le pouvoir Maillé situé un peu au nord des chutes Wilson. La construction de l’usine s’amorce en septembre 1912 et l’éclairage est en fonction le 20 février 1914.

J. A. W. Johnson est engagé comme électricien en chef pour la centrale. Deux autres employés travaillent à l’usine au début. En 1916, 90% des maisons de Saint-Jérôme sont éclairées par la centrale de la Ville alors que 10% sont des clients d’une compagnie concurrente ou n’utilisent pas les services électriques. Deux ans plus tard, afin de rendre la facturation plus équitable, des compteurs sont installés.

Au début des années 1920, à cause du développement de la Ville et du nombre croissant de commerces et d’industries, la capacité de production de la centrale municipale est devenue insuffisante pour répondre à la demande. La Ville se voit dans l’obligation d’acheter de l’électricité à la compagnie Laurentian Hydro Electric. Après deux référendums, elle cède l’exploitation de la centrale à la Laurentian Hydro Electric le 29 avril 1926 pour la somme de 400 000 $. L’année suivante, la Gatineau Power acquiert cette petite centrale ainsi que celle des chutes Wilson.